En 2018, près de quatre personnes sur cinq (79 %) âgées entre 16 et 74 ans utilisent l’Internet au moins une fois par semaine. Au sein de l’Union européenne (UE), environ 1 personne sur 7 n’a jamais utilisé Internet. Ainsi si notre société est devenue une société d’information où la communication est au centre, elle crée parallèlement une l’exclusion dans l’appréhension de son évolution. C’est l’exclusion numérique. Analysée de manière dynamique, bien plus de personnes sont touchées par : l’apparition de nouvelles technologies, rendant obsolètes les précédentes, participe, peu à peu, à l’exclusion des individus qui ne parviennent pas à suivre le pas. Nécessairement rattachée à l’inclusion sociale, il s’agit toutefois de comprendre ce qu’est exactement l’exclusion numérique. La principale solution pour les marginaux du numérique, volontaires ou non, est alors d’apprendre, d’acquérir le savoir-faire minimum nécessaire pour éviter l’exclusion. Enfin, tout espoir n’est pas à perdre car, pour lutter contre l’exclusion, de nombreuses solutions existent, parfois bien plus simples à mettre en place qu’il n’y paraît.

 

« La marche progressive de la civilisation moderne augmente graduellement, et dans une proportion plus ou moins rapide, le nombre de ceux qui sont portés à recourir à la charité » Alexis de Tocqueville, Mémoire sur le paupérisme, 1835.

Lors de son voyage en Angleterre, Alexis de Tocqueville découvre les quartiers ouvriers de Manchester et se pose la question du paradoxe auquel il est confronté : la révolution industrielle décuple les capacités de production de richesses et développe les sociétés, pourtant cette « marche progressive » tend à augmenter le nombre de personnes marginalisées. Ainsi, à mesure que notre société évolue, il devient de plus en plus difficile pour certains de « rester à la page » et d’accompagner les changements. Néanmoins, une révolution industrielle se définit moins par les nouvelles technologies apparaissent que par les changements apportés. Aujourd’hui, à l’ère de l’information et de la communication, la société est en pleine transformation, véritable « révolution informationnelle et numérique ». De même que l’énergie (la machine à vapeur puis l’électricité) a rendu possible l’apparition des usines, amenant ainsi à une concentration des emplois en zone urbaine, l’Internet et la révolution numérique déterminent peu à peu la base organisationnelle d’une « nouvelle économie », fondée sur le réseau. L’extension progressive de cette convergence à l’ensemble des secteurs économiques change les modes de production et de consommation et constitue, de fait, la base d’une nouvelle révolution industrielle. Comme le note Manuel Castells, sociologue espagnol, « Les progrès de l’informatique et des télécommunications ont permis à une obscure technologie, qui n’avait pas d’application pratique en dehors de l’informatique, de devenir le levier d’une société de type nouveau : la société en réseau »[i].

La révolution numérique, comme tout changement technologique majeure, est génératrice de croissance économique et sociale, mais aussi de crises. D’ailleurs, les premières grandes crises sont apparues avec la révolution industrielle et les spéculations engendrées par le développement du chemin de fer. Depuis maintenant quelques années, nous connaissons les premières crises de l’ère de l’information portant sur divers sujets : l’usurpation de données, le profilage et le trafic d’influence numérique, la désinformation en ligne, et plus encore. Grace à la numérisation et au développement de l’Internet, nous assistons à une profonde transformation des domaines économique, social et culturel.

Parce qu’elle transforme l’un des caractères les plus fondamentaux de l’humanité, à savoir la communication, la révolution numérique surgit dans tous les domaines de l’activité humaine : bien sûr l’économie et le travail, mais aussi l’éducation, les pratiques culturelles, les relations sociales, ou la santé. La diffusion de l’imprimerie, au XVe siècle, participa fortement à la périclitation du système médiéval et ouvert l’ère moderne. Cinq siècles plus tard, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pourraient avoir des conséquences similaires en permettant la communication immédiate entre tous, à tout moment et à l’échelle du monde et en ouvrant l’accès à la plus formidable des bibliothèques dont on ait pu rêver depuis Alexandrie.

Pourtant, si Tocqueville venait à voyager dans nos contrées, le constat serait identique. Avec la numérisation, certains murs se sont effondrés : le coût d’accès à la connaissance, la communication avec ses proches, les voyages…, mais d’autres se sont dressés comme l’appréhension des nouvelles technologies qui reste compliqué pour toute une partie de la population née avant son apparition, l’accès à l’information ainsi que son exploitation. Il est parfois compliqué pour certains d’avoir accès à un ordinateur par manque de moyens financiers ou simplement du fait de leur handicap. C’est ce qu’on appelle la « fracture numérique ».

Comprendre ce qu’est la « fracture numérique »

Il est possible de définir la fracture numérique comme une « ligne de rupture, tracé d’un clivage entre d’une part les individus ou groupes sociaux qui sont – ou se sentent – bien intégrés à la « société de l’information », d’autre part ceux qui sont – ou se sentent – exclus de cette société »[ii]. Frontière ou fracture, à l’instar de bien d’autres frontières clairement tracées sur les représentations cartographiques, mentales ou théoriques, cette ligne est difficilement visible voire totalement imperceptible. Pourtant, on ne vit pas tout à fait de la même manière d’un côté de la frontière ou de l’autre. De prime abord, certains seraient tentés d’affirmer que la fracture numérique n’existe pas en tant que telle, et ne serait finalement qu’un reflet de clivages socioéconomiques classiques : personnes âgées, porteuses de handicap ou indigentes. Le propos reste à nuancer.

Manuel Castells, précédemment cité, distingue plusieurs « types » de société :

  • La société primaire, centrée sur l’exploitation des ressources naturelles,
  • La société secondaire, dominée par la transformation des matières et la production industrielle,
  • La société tertiaire, société des services.

A celles-ci s’ajoute un quatrième type : la « société de l’information » qui constituerait un nouveau stade du développement de nos sociétés, dans lequel la production, le stockage, la circulation, le traitement et l’exploitation d’informations constitueraient la nouvelle activité économique prédominante.

              Le sociologue Luc Vodoz, professeur à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), mène depuis plusieurs années des études sur les relations entre l’intégration sociale et l’intégration numérique. Schématiquement, il distingue ceux qui sont « dedans » de ceux qui sont « dehors », c’est-à-dire ceux qui intégrés (dedans) ou non (dehors) à la société d’information. A l’occasion d’entretiens il note ainsi que : « dans l’esprit des personnes interviewées, il y a bien un « dedans » et un « dehors », un monde perceptible de savoir-faire techniques et sociaux – parfois accessible et parfois hors de portée. De la même manière que de nombreux individus se perçoivent comme étant plus ou moins intégrés à la société globalement, nombreux aussi sont ceux qui se sentent parties prenantes ou laissés-pour-compte de l’accès aux ressources du « monde numérique » ». Le constat est donc bien réel qu’une réelle fracture numérique existe, corollaire à la fracture sociale existante mais non identique. De cette fracture est sous-entendu un degré d’intégration plus ou moins élevées.

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Intégration et exclusion sociales, intégration et exclusion « numériques » – Figure tirée des travaux de Vodoz L., 2010

Une interconnexion forte entre « intégration numérique » et intégration sociale positionnerait tous les individus au sein du nuage de points. À l’extrémité inférieure de ce nuage (angle « sud-ouest » du graphique) seraient positionnés celles et ceux combinant une forte exclusion numérique et une forte exclusion sociale. À l’autre extrémité du nuage (angle « nord-est ») seraient positionnés celles et ceux bénéficiant d’une bonne intégration tant sociale (globalement) qu’à la supposée « société de l’information » plus spécifiquement. La « cible de la rhétorique de la société de l’information » indiquée à l’extrémité supérieure du nuage indique simplement que selon les tenants de l’avènement d’une « société de l’information », c’est là que devrait se situer tout un chacun, du moins s’il veut prétendre à une bonne intégration sociale – absolument conditionnée selon eux par un haut degré d’« intégration numérique ».

Ainsi, pour déterminer ce degré d’« intégration numérique » et, a fortiori la fracture numérique, il convient de poser 3 questions :

  • Existe-t-il un accès aux TIC ? Facilité d’accès à un PC adapté, existence d’une connexion au réseau, les coûts sont-ils supportables
  • Quels sont les savoir-faire ? Savoir-faire techniques et sociaux dans la mesure où ils influencent la capacité à exploiter les TIC
  • Quel est l’accès aux contenus ? Il s’agit de déterminer la capacité à exploiter véritablement les ressources techniques, informationnelles et communicationnelles que recèlent les TIC.

Ces questions, pourtant, ne permettent pas d’établir le degré d’exclusion/d’inclusion d’un individu qu’à l’instant t où il y répond. Un certain nombre de facteurs peuvent venir accentuer l’intégration comme par exemple les cours de formation ou l’accès à du matériel informatique de meilleure qualité. Les rapports familiaux et sociaux participent également à l’évolution de cette fracture avec par exemple les petits-enfants apprenant à leurs grands-parents l’utilisation de l’ordinateur ou de leur téléphone, les parents accordant l’accès plus ou moins limité aux tablettes et ordinateur. L’inverse est d’autant plus vrai que l’exclusion « numérique » peut rapidement se faire sentir : l’apparition de nouvelles technologies, rendant obsolètes les précédentes, participe, peu à peu, à l’exclusion des individus. Ainsi, celui qui auparavant savait utiliser les téléphones « à clapet » et qui, ne peut ou ne veut s’adapter aux smartphones sera moins intégré numériquement. Il s’agit de ce qu’on appelle la « fracture numérique dynamique », qui renvoie aux sentiments d’intégration ou d’exclusion tels qu’ils varient dans le temps.

Les principaux problèmes posés par la fracture numérique

Au regard de l’évolution technologique, nombreux sont ceux qui pensaient hier disposer d’un capital de compétences technologiques suffisant et qui, aujourd’hui, se retrouvent déstabilisés voire perdus.. De même, celui ou celle qui se sent aujourd’hui en sécurité du « bon côté » du fossé numérique – et n’a donc a priori aucune raison impérative de s’efforcer à améliorer son niveau d’« intégration numérique » – peut demain se retrouver rattrapé et dépassé. Ainsi l’obsolescence progressive du capital matériel (par exemple un ordinateur personnel qui se « démode ») ou cognitif (compétences techniques ou autres), patiemment et consciencieusement acquis, donne soudain à l’individu concerné l’impression que . Vodoz parle alors de « Sisyphe numérique ». Les individus ont ainsi pour sempiternel objectif d’atteindre le niveau requis pour ne pas être dépassé par l’évolution technologique, efforts récurrents mais toujours insuffisants, succession d’espoirs de « toucher au but » et de rudes désenchantements[iii].

Les difficultés d’insertion sociale du fait de « handicaps numériques » se ressentent principalement au travail : de plus en plus d’emplois requièrent un certain degré de compétence informatique ou, plus globalement, d’aisance dans le domaine des technologies numériques. De fait, l’exclusion numérique peut avoir un impact direct sur l’intégration sociale et la capacité à trouver un travail.

A l’inverse, la généralisation des téléphones portables a accentué une certaine peur de l’exclusion sociale. De fait, de nombreuses personnes – dont la plupart des jeunes adultes – savent qu’elles risquent d’être exclues des espace-temps de rencontre avec leurs pairs si elles ne peuvent être informées « continûment » des changements de lieux ou d’heures de rendez-vous qu’autorise le recours aux Smartphones via les services messageries instantanées ou les SMS par exemple.

L’erreur n’est pas vaine voire préférable

Les programmes d’éducation actuels sont édifiés de façon à ce que la résolution d’un problème n’est envisagée que par la construction d’une logique séquentielle linéaire, c’est-à-dire, où chaque étape doit être effectuée correctement avant de pouvoir accéder à l’étape suivante. De fait, les erreurs sont perçues comme des fautes, des sources de blocage ou des échecs plutôt que comme des obstacles dont le contournement constitue un cheminement d’apprentissage parfaitement normal.

La logique est différente pour les outils numériques. Les fonctionnalités peuvent être découvertes et progressivement appréhendées selon une logique « Essai-erreur ». Quel que soit le problème, la recherche d’une solution implique de « naviguer » à tâtons pour accéder aux données ou mécanismes utiles. Peu importe le nombre d’erreurs commises ou de « faux chemins » empruntés, la plupart des opérations sont réversibles. Dès lors, l’exploration des multiples voies d’accès aux solutions recherchées est partie intégrante de l’utilisation des outils numériques. Cette méthode trouve sa place par exemple en algèbre (classique) pour la résolution d’équations. Il s’agit de la méthode « supposer et vérifier ». En sciences de l’information on parlera de « générer et tester » (Generate and Test) tandis qu’en matière de jeux vidéo on parlera de « mourir et ressayer » (Die and Retry). L’erreur est donc tout à faire acceptable voire nécessaire en matière d’informatique.

En outre, cette approche n’est pas totalement dénuée d’intelligence au contraire de ce qu’il peut paraître. L’évolution biologique peut être considérée comme une forme d’essai et d’erreur. Les mutations aléatoires et les variations génétiques sexuelles peuvent être considérées comme des essais et une mauvaise adaptation reproductive, ou un manque d’amélioration de la forme physique, comme une erreur. Ainsi, après une longue période de « connaissance » accumulée, les génomes adaptés sont ceux étant capable de se reproduire[iv].

Comme indiqué précédemment, la fracture numérique ne repose pas nécessairement sur l’âge ou le manque de volonté d’un individu comme on peut parfois le croire. En l’espère, la fracture numérique est le corollaire de la fracture sociale. A ce titre, il apparaît nécessaire d’œuvrer afin de réduire au minimum cette fracture, que ce soit par des actions locales ou des actions internationales.

A l’échelle européenne, l’Union œuvre à réduire l’exclusion numérique

Les inégalités et l’exclusion sociale sont une préoccupation importante pour l’UE et font partie de la stratégie Europe 2020. Aux côtés des disparités spatiales (rurales et urbaines), le numérique joue un rôle tout particulier en ce qu’il peut permettre une plus grande participation des citoyens. Les évolutions technologiques et l’exclusion numérique participent également à la « croissance des inégalités salariales. Bien qu’il soit positif pour la croissance économique générale, le progrès technologique accroît la dispersion salariale en récompensant les compétences sur des TIC, particulièrement valorisées dans le domaine de l’économie. Parallèlement, la robotisation et l’automation tendent à remplacer les travailleurs pas ou peu qualifiés »[v]. L’Union propose de renforcer les investissements dans l’éducation et l’acquisition de compétences numériques afin d’une part de réduire les inégalités sociales existantes et, d’autre part, d’offrir une égalité des chances. Ceci passe également par une remise en cause des pratiques de travail établies en formant les employés, tout en créant de nouveaux types de travail.

De plus, une analyse approfondie des plans budgétaires européens 2018 permet d’observer l’accent mis sur l’inclusion numérique. Ainsi, Chypre, par exemple, précise qu’ « au regard du marché du travail, il apparaît nécessaire d’ouvrir des écoles techniques spécialisées dans l’acquisition de ces compétences »[vi]. L’Estonie, particulièrement en avance dans le domaine numérique, prévoit un investissement de 600 millions d’euros pour la période 2015-2020 afin de soutenir l’acquisition de compétences numériques ; « cela vise à motiver les étudiants à choisir des domaines de plus en plus importants pour l’économie et à soutenir la demande grandissante du secteur public de l’innovation »[vii]. Concernant la France, le gouvernement prévoit, 57 milliards d’euros pour son “Grand Plan d’Investissement public” ambitionnant notamment la création de formations numériques destinées à former une « société compétente favorisant l’innovation » ainsi que l’établissement d’un gouvernement pour l’ère numérique[viii].

Il semble important de noter que l’Union était particulier en avance dans le domaine de l’inclusion numérique puisque dès la fin des années 90, la Commission européenne avait mis en place un groupe d’experts ESDIS (Employment and Social Dimension of the Information Society) dont les travaux soulignaient la prévention de l’exclusion numérique. Ils recommandaient ainsi l’alphabétisation numérique pour tous, l’abaissement des barrières techniques et économiques pour l’accès à internet, le développement de compétences appropriées à un usage efficient des services en ligne[ix].

 

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Réduire la fracture numérique à l’échelle locale

Plusieurs acteurs, notamment locaux, ont fait de la fracture numérique leur objet de travail. Au-delà de l’intérêt porté à ces initiatives, il s’agit également d’avoir une idée plus claire de ce qui, en pratique, peut être fait pour réduire les écarts.

Interface3

Basé à Bruxelles, Interface3 œuvre à réduire les écarts de genre dans les différents domaines du monde du travail. Il existe un déséquilibre particulièrement important au niveau de la maîtrise des TIC, de l’exploitation des systèmes et de la construction des objets informatiques. Ce sont moins de 20% de femmes qui occupent aujourd’hui un poste lié aux TIC.

La fracture numérique concerne donc le genre et c’est en ceci que Interface3 compte apporter une solution. Cette action passe par l’offre de modules de sensibilisation et d’initiation aux technologies de l’information et de la communication, des modules d’orientation permettant aux femmes de découvrir les carrières qu’offrent les différents métiers de l’informatique et enfin, des formations qualifiantes et certifiantes menant à des métiers de l’informatiques ou à des à des métiers faisant une utilisation intensive de ces outils.

Site d’Interface3 : http://www.interface3.be/fr

Emmaüs Connect

La fondation de l’Abbé Pierre, Emmaüs, s’est récemment dotée une antenne centrée sur l’insertion sociale à travers le numérique et la lutte contre l’exclusion sociale et numérique. De fait, l’association agit sur le terrain au plus près des besoins des personnes en insertion et des professionnels qui les accompagnent. Elle conçoit des ressources pédagogiques et propose des ateliers pour s’initier aux services numériques clés, elle propose un accès solidaire à du matériel et à la connexion. L’association développe aussi des services (outils d’évaluation, cartographies, formations) pour les acteurs sociaux et les opérateurs de services publics pour mieux accompagner à l’ère du 100% en ligne.

Site de Emmaüs Connect : http://emmaus-connect.org/

Old’ Up

Old’ Up est une association française ayant pour vocation à réduire la fracture numérique imposée aux personnes âgées. Partant du constat que « l’allongement significatif de la vie, imprévu, impréparé, n’avait pas pu suffisamment conduire à un épanouissement des personnes âgées dans la société » l’objectif est d’accompagner toutes les générations à l’apprentissage du numérique par l’acquisition d’un savoir-faire ainsi que d’une assurance dans l’utilisation et la présence sur internet. Old’ Up mène réflexions et actions dans les domaines de l’accessibilité et de la santé, tisse du lien intergénérationnel, promeut des contributions citoyennes des plus âgés, utiles dans l’évolution de la société d’aujourd’hui.

Site de Old’ Up : http://www.oldup.fr/

Ces initiatives démontrent qu’il n’est pas nécessaire de mettre en place des moyens conséquents pour arriver à des résultats. En outre, il semble bien plus efficace, à l’échelle locale, de proposer des formations ainsi qu’un accompagnement pour éviter la fracture numérique.

              A l’ère du « tout numérique », où les démarches administratives s’effectuent de plus en plus sur Internet, l’évolution vers une société connectée semble inévitable, une pleine participation à ladite « société de l’information » semble considérée comme impérative pour tous. Il n’existe, a priori, plus de place dans notre société, pour les techno-sceptiques et autres personnes qui – quelles qu’en soient les raisons – seraient réticentes face à l’informatisation galopante de multiples relations économiques, sociales ou politiques. A force d’orienter la boussole politique sur la « cible de la rhétorique de la société de l’information », fractures numérique et sociale vont se superposer et même se confondre quitte à approfondir le fossé que justement l’on prétendait combler.

Jean-Hugues Migeon

 

 

[i] [Traduction par l’auteur] de Castells Manuel, The Internet Galaxy, Oxford University Press, 2001, 292p.

[ii] Luc Vodoz, « Fracture numérique, fracture sociale : aux frontières de l’intégration et de l’exclusion », Sociologie, 2010.

[iii] Vodoz, 2005.

[iv] Wright Seward, “The Roles of Mutation, Inbreeding, Crossbreeding and Selection in Evolution”, Proceedings of the sixth international congress on genetics. Volume 1. Number 6: 365. Disponible en anglais : http://www.esp.org/books/6th-congress/facsimile/contents/6th-cong-p356-wright.pdf

[v] https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/file_import/european-semester_thematic-factsheet_addressing-inequalities_en.pdf

[vi] [Traduit par l’auteur] https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/economy-finance/2018_dbp_cy_en.pdf

[vii] [Traduit par l’auteur] https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/economy-finance/2018_dbp_ee_en.pdf

[viii] https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/economy-finance/2018_dbp_fr_en.pdf

[ix] [Traduit par l’auteur] http://aei.pitt.edu/1228/1/living_work_gp_follow_COM_97_390.pdf