
Traité de Lisbonne: la commission des affaires constitutionnelles vote les rapports Brok, Dehaene et Leinen. Vers un meilleure équilibre institutionnel? Il faut attendre: le PE ne votera pas en plémière dans l'immédiat.
mise en ligne :10 03 2009 ( NEA say… n° 63 )
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La commission des affaires constitutionnelles du PE a approuvé le 9 mars la révision en profondeur apportée à la structure institutionnelle de l'UE par le Traité de Lisbonne, sous réserve que celui-ci entre en vigueur en 2009 comme prévu lors du Sommet européen de décembre dernier. Dès les prochaines élections européennes de juin, leurs résultats doivent être priss en compte lors de la nomination du président de la nouvelle Commission, a estimé la commission des affaires constitutionnelles. Le rapport de Jo Leinen (PSE, DE) sur le "rôle nouveau et les responsabilités nouvelles du Parlement européen en vertu du traité de Lisbonne" et celui d'Elmar Brok (PPE-DE, DE) sur "l'évolution des relations entre le Parlement européen et les parlements nationaux dans le cadre du traité de Lisbonne" ont été approuvés à une large majorité.
-.Une évidence : un rôle plus important pour les parlements nationaux
En approuvant le rapport de M. Brok, (FR) (EN) la commission parlementaire a salué les nouveaux droits attribués aux parlements nationaux en vertu du Traité de Lisbonne et qui permettraient de renforcer le rôle de ces derniers dans les processus décisionnels de l'UE. Si le traité entre en vigueur, ces parlements nationaux obtiendraient aussi un nouveau droit à être informé, notamment, sur l'évaluation des politiques menées dans les domaines de la liberté, de la sécurité et de la justice, sur les propositions relatives à la révision des traités et sur les nouvelles candidatures de pays souhaitant adhérer à l'UE.
-.Avec la "Carte orange": un droit d'objection fort.
Les parlements nationaux devraient aussi obtenir un droit d'objection à une proposition par le biais de la procédure dite de la "carte orange", s'ils estiment que le principe de subsidiarité n'a pas été respecté, c'est-à-dire qu'un résultat donné pourrait être atteint plus facilement en agissant sur le plan national plutôt qu'au niveau local.
Par ailleurs, un parlement national pourrait chercher à obtenir réparation d'une infraction au principe de subsidiarité en portant l'affaire devant
-.Un progrès majeur, un des plus important peut-être : plus de pouvoirs pour le Parlement européen dans les domaines de la justice et des affaires intérieures
Le rapport de M. Leinen (FR) (EN) salue le fait que le Traité de Lisbonne place le Parlement européen, à quelques exceptions près, sur un pied d'égalité avec le Conseil en tant que législateur dans des domaines où il ne l'était pas jusqu'à présent, et notamment pour l'adoption du budget (où le PE obtiendra une parité totale), en politique agricole, et dans le domaine de la justice et des affaires intérieures.
En particulier, la commission parlementaire approuve les nouvelles politiques européennes prévues par le Traité et le caractère contraignant donné à
-.Des demandes insistantes : un accord interinstitutionnel nécessaire sur la politique extérieure et un "programme de travail"
Parmi les nouvelles bases juridiques apportées par le Traité, les députés soulignent que les nouvelles dispositions relatives à la politique extérieure nécessitent un nouvel équilibre interinstitutionnel dans le but de garantir le droit de contrôle du PE. La commission parlementaire appelle les autres institutions de l'UE à parvenir à un accord interinstitutionnel sur les objectifs clés de l'Union européenne après 2009, dans le but d'élaborer une sorte de "programme de travail" pour l'UE, ainsi que sur les mesures de mise en œuvre du Traité nécessaires pour faire du Traité un "succès pour les institutions européennes et les citoyens".
"La commission des affaires constitutionnelle du PE demande un accord politique entre
-. Nomination du Président de
Le Conseil européen, lorsqu'il désigne son président, le président de
La commission parlementaire a également proposé un calendrier permettant que les prérogatives du Parlement contenues dans le nouveau Traité soient respectées. Le Parlement nouvellement élu aura besoin de deux semaines pour se constituer, selon le calendrier proposé. Par conséquent, les consultations entre les présidents du Parlement et du Conseil européen pourraient se tenir la troisième semaine suivant les élections. Puis, des réunions distinctes devront être organisées entre le président du Conseil européen et les présidents des groupes politiques. La semaine suivante, le Conseil européen pourra proposé son candidat pour le poste de président de
-.Composition du Parlement
Les dirigeants de l'UE ont approuvé en décembre dernier des accords transitoires sur la composition du Parlement si le traité de Lisbonne entre en vigueur et ont ainsi modifié la configuration des sièges du Parlement en augmentant de manière provisoire le nombre total de députés afin de respecter l'équilibre démographique et politique. (Cf.Nea Say)Les membres de la commission du PE ont donc appelé les Etats membres à prendre les dispositions juridiques nécessaires pour permettre la pré-élection en juin de 18 députés supplémentaires afin qu'ils siègent comme observateurs à partir du moment où le Traité de Lisbonne entrera éventuellement en vigueur.
-.Equilibre et représentation dans la politique étrangère
Le nouveau Traité, s'il est ratifié, permettra la création de nouveaux postes à la tête de l'UE tels que le président du Conseil européen, le Haut représentant pour la politique étrangère qui sera également vice-président de
Afin de garantir que ce système complexe, censé accroître la cohérence politique de l'UE, ne soit pas un obstacle à son efficacité, la commission du PE propose que dans le domaine de la politique étrangère, le Président du Conseil européen représente l'Union seulement au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement. Les négociations politiques au nom de l'UE, au niveau ministériel ou dans les organisations internationales, doivent cependant être menées par le Haut-représentant et vice-président.
En conclusion : l’esprit de Lisbonne doit souffler et sans attendre son entrée en vigueur… c’est sans doute ce qu’il faut retenir de l’adoption de ces trois rapports par la commission parlementaire et tout particulièrement le nouvel équilibre institutionnel défini par Jean-Luc Dehaene.
Le président stable du Conseil européen a un rôle essentiel mais il n’est pas question d’en faire un « Président de l’Union européenne ». Equilibre et relation de collaboration sont les mots clés pour définir sa tâche : préparer les sommets en étroite collaboration avec le président du Conseil affaires générales, le Président de
Les relations extérieures représentent un point particulièrement sensible pour le Parlement européen : sans doute il serait excessif de paraphraser la formule de Seyes parlant du Tiers-Etat à la veille de
Pour
Le Parlement européen s’il veut jouer pleinement son rôle législatif renforcé, doit sans retard négocier « un accord interinstitutionnel » organisant la coopération étroite, concrète et sur un pied d’égalité avec le Conseil. Sur ce point, c’est le rapport Brok qui est important et prend le relais du rapport Dehaene.. Mais c’est le rapport Dehaene qui réclame que le parlement européen participe pleinement aux futures conférences intergouvernementale (CIG) sur la réforme des traités au même titre que
Amendements rapport Brok (FR) (EN)
Amendements rapport Leinen: première partie (FR) (EN) , deuxième partie (FR) (EN)
Amendements rapport Dehaene (FR) (EN)
Document de travail Dehaene (FR) (EN)
Pour les trois rapports, le vote en plénière devait avoir lieu lors de la session du 21 au 24 avril (Strasbourg), mais effrayé par sa propre audace, finalement le Parlement européen suite à la conférence des présidents ne votera pas les rapports Dehaene, Brok et Leinen…par craint d’interférence négative avec le référendum irlandais !. Les trois rapports malgré leur vote en commission à la quasi unanimité ne seront pas soumis à la séance plénière. L’establishment du Parlement européen redoute qu’un grand débat public sur les modalités d’application du Traité de Lisbonne (alors qu’il n’est pas encore ratifié) pourrait avoir un impact négatif sur le référendum irlandais qui devrait avoir lieu à l’automne. Le Parlement européen ne prendra donc pas position sur des questions importantes telle que la procédure à suivre pour l’élection du président de
"Une étrange décision!" a commenté Ferdinando Riccardi de l'Agence Europe qui a poursuivi avec son acuité habituelle: "Bloquer en ce moment un aspect essentiel de l'activité du Parlement européen par crainte des mouvements eurosceptiques, ça n'a pas de sens. L'essentiel est de dire la vérité aux citoyens d'Irlande sur le traité de Lisbonne, au lieu des mensonges qui avaient faussé le première consultation; et ensuite le peuple choisira. Le débat parlementaire sur les trois rapports est indispensable pour clarifier les conséquences du retard du traité de Lisbonne et quelques autres questions controversées". Et très importantes ajoutons-nous: le bon fonctionnement des institutions et leur équilibre sont en jeu.
L'édition complète en bref
- EDITORIAL
- Politique sociale : une stratégie européenne coordonnée peut-elle atténuer les répercussions de la crise ? Réponse au sommet de printemps ?
- Les droits fondamentaux et l’égalité entre les femmes et les hommes : la campagne de l’Union européenne (présentation générale)
- Dans les arts du spectacle, l'égalité de traitement entre les hommes et les femmes doit s'imposer, demande le Parlement européen.
- Journée internationale de la Femme : lutte contre la violence envers les femmes. Face aux insuffisances constatées, une nouvelle législation attendue
- Journée internationale des femmes et les nouvelles technologies : e-inclusion. Cinq grandes entreprises de haute technologie s'engagent à promouvoir davantage les «cyber-cendrillons»
- L'Union européenne ne pourrait-elle pas poursuivre l'évêque Williamson pour les propos négationnistes tenus à la télévision ?
- Racisme et antisémitisme : l’antisémitisme est-il en hausse ?
- Contrôles antidopages : les sportifs sont contre le système de « localisation », mais ils restent divisés et les autorités européennes sont surtout sensibles à la protection de la « vie privée ».
- L’Union européenne à Washington pour parler des détenus de Guantanamo. Mais c’est surtout d’une approche commune contre le terrorisme dont il a été question.
- Lutte contre la corruption et le crime organisé: la Commission européenne épingle la Roumanie et la Bulgarie, jugeant insuffisantes leurs réformes judiciaires.
- Les droits de l'homme s'invitent aux négociations climatiques de l'ONU à Posnam.
- Les enfants de migrants devant le Parlement européen : en jeu leur soutien scolaire, mais pas seulement !
- Asile : le Parlement européen appelle à plus de solidarité entre les Etats-membres et à une refonte des règles
- ROMS : les éduquer pour mieux les intégrer, mais l’UE a besoin d’une stratégie globale à leur égard estiment les parlementaires européens.
- Lutte contre le terrorisme : cinquième journée européenne des victimes. Commémoration des attentats de Madrid, discrètes mais émouvantes en Espagne, réelles mais restées confidentielles dans les institutions européennes.
- Lampedusa : plaidoyer d’Amnesty International en faveur du respect des droits de l’homme. Jacques Barrot vice-président de la Commission exprime sa satisfaction après son voyage.
- Drogue : rapport de la Commission sur un problème qui est mondial. Au cours des dix dernières années, peu d’évolution mais complexité plus grande.
- Turquie, Croatie et ARYM (ancienne Macédoine) : le Parlement européen évalue les progrès accomplis en vue de l'adhésion. Quelles perspectives pour l’espace de liberté, de sécurité et de justice dans une Europe élargie?
- Traité de Lisbonne: la commission des affaires constitutionnelles vote les rapports Brok, Dehaene et Leinen. Vers un meilleure équilibre institutionnel? Il faut attendre: le PE ne votera pas en plémière dans l'immédiat.
- Les attentats de Bombay relancent la question de la protection consulaire des citoyens de l'Union européenne: auditions et débats se succèdent au Parlement européen.
- Vie privée sur internet : la polémique Facebook vue par le journal le Monde
- VOUS ETES SURVEILLES, LE SAVIEZ-VOUS ? Le Parlement européen tente de mettre un terme à l'accès abusif aux données des utilisateurs d'Internet. Vers une Charte des droits fondamentaux ?
- Piratage sur internet : bras de fer à l’Assemblée nationale française, le Parlement européen en embuscade. La ministre de la culture, Christine Albanel, tente une dernière conciliation et recherche l’apaisement.
- Système d’information Schengen SIS II : des députés exaspérés demandent des comptes ! Des problèmes politique plus que techniques ont demandé les députés?
- La Commission propose de réformer le contrôle de l’application des règles Schengen.
- Europe Forteresse ? L’accusation est-elle toujours juste quand est décidée l’exemption de visas entre la Communauté et six pays non membres de l’Union européenne-
- Des informations rapides (première partie)
- Des informations rapides (deuxième partie)
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