
Crise des caricatures du prophète Mahomet: le dialogue est engagé
mise en ligne :10 03 2006 ( NEA say… n° 07 )
IMMIGRATION > Protection de la santé
Les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne s’engagent à promouvoir activement le dialogue et la compréhension mutuelle, et la Commission reçoit le ministre pakistanais des affaires religieuses.
Lors du Conseil des Ministres des affaires étrangères du 27 février, ces derniers ont adopté des "conclusions sur les réactions dans le monde musulman". La présidente du Conseil, la ministre des affaires étrangères autrichienne Ursula Plassnik, a pu dans sa conférence de presse faire état "d’une sensation que de véritables efforts sont faits pour laisser de côté l’amertume entraînée par la crise des caricatures (…) Nous souhaitons aujourd’hui nous concentrer sur l’avenir et les activités futures, pour diminuer la tension".Dans leurs conclusions, les ministres des affaires étrangères ont exprimé "leur profonde inquiétude" face aux évènements qui ont suivi les publications des caricatures dans plusieurs médias européens et ils regrettent "que ces dessins aient causé l’offense et le désarroi parmi les communautés musulmanes à travers le monde". Néanmoins, le Conseil a tenu à rappeler que la liberté d’expression est "un droit fondamental et un élément essentiel du discours démocratique.(…) Des médias libres sont indispensables pour garantir une société libre et ouverte", a estimé Mme Plassnik. Cependant, elle estime que "les libertés doivent être assorties de responsabilités". La liberté d’expression doit donc être exercée dans le respect des convictions religieuses et de toute autre croyance. Le commissaire européen chargé de l'espace de liberté, de sécurité et de justice, Franco Frattini, avait exprimé dès le début de la crise et à plusieurs reprises un point de vue analogue.
Les ministres ont en outre "fermement" condamné les actes violents et les menaces proférées à l’encontre des citoyens de l’UE et de tout autre pays. Ils ont exprimé leur "pleine solidarité" avec les Etats qui ont subi des attaques contre leur ressortissants ou leurs ambassades. Se félicitant des déclarations de certains chefs religieux et hommes politiques musulmans appelant à la modération, le Conseil salue la récente visite dans les pays du Golfe et du Moyen Orient de Javier Solana, ainsi que les rencontres qui ont eu lieu à Vienne entre la présidence autrichienne, le ministre danois des affaires étrangères et certains leaders islamiques. "L’appel à renouer le dialogue, exprimé dans la déclaration conjointe du Secrétaire général des Nations Unies, du Secrétaire général de l’Organisation de la Conférence islamique et du Haut Représentant de l’UE, le 7 février dernier, a montré qu’il existe un terrain d’entente commune dans cette direction", estime le Conseil.
L’UE et ses Etats membres s’engagent donc à "promouvoir activement le dialogue, le respect et la compréhension commune", en développant notamment les mécanismes existants comme le processus de Barcelone, l’ASEM (l’assemblée parlementaire euro-méditerranéenne) qui se réunira à Bruxelles le 26 et 27 mars, ou en soutenant l’Alliance des civilisations (une initiative lancée en novembre dernier et menée par la Turquie et l’Espagne). Le Conseil invite d’autre part la Présidence, le Haut Représentant et la Commission à poursuivre leur dialogue avec les acteurs internationaux du monde musulman tels que l’OCI et la Ligue arabe, afin de renforcer la tolérance et le respect des croyances religieuses. "Les différentes communautés et les différentes religions doivent pouvoir cohabiter" a conclu Ursula Plassnik.
Quelques jours plus tard -le 6 mars-, la commissaire européenne en charge des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a reçu le ministre pakistanais des affaires religieuses, M. Ijaz-Ul-Haq. Le Pakistan a été le pays où les manifestations ont été les plus violentes, les plus meurtrières et les plus longues. Dans un communiqué, la Commissaire salue l’initiative du ministre de venir à Bruxelles avec une délégation pour discuter de cette affaire. "Ensemble avec nos partenaires du monde musulman, nous devons examiner les possibilités d’éducation en matière de droits de l’homme. Nous oeuvrerons avec les principaux acteurs du monde musulman afin d’encourager la tolérance et le respect pour les croyances et cultures religieuses" a affirmé Mme Ferrero-Waldner. Elle a rappelé à la fois que la liberté d’expression est un droit fondamental à exercer avec responsabilité et respect, et que la violence ne saurait être justifiée "en aucune circonstance".
► Conclusions du Conseil sur les réactions dans le monde musulman aux caricatures parues dans les médias européens, 27 février 2006. (pdf)
► Communiqué de presse de la présidence de l'Union européenne
Ursula Plassnik: "Large consensus au sein de l’UE sur les questions d’actualité internationale", 27 février 2006.
L'édition complète en bref
- EDITORIAL
- Le 15 avril prochain, la Commission lance son "FORUM SUR LA JUSTICE".
- Au-delà de la "vérité", le véritable enjeu du travail de la commission temporaire du Parlement européen
- La création du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies
- Crise des caricatures du prophète Mahomet: le dialogue est engagé
- Le réseau EURONET demande une plus grande protection des enfants dans une Europe sans frontières
- Inégalités persistantes en matière d'emploi, de salaire et de carrière
- Le Parlement européen se préoccupe des centres de rétention administrative en Europe
- Présentation du réseau académique Odysseus
- Les nouvelles du Conseil de l'Europe
- Des nouvelles rapides...
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