
L'oubli numérique, futur droit constitutionnel ? Une pierre d'achoppement pour le futur programme de Stockholm ? (cf autre information sur le programme de Stockholm)
mise en ligne :23 11 2009 (
NEA say… n° 78 )
DROITS FONDAMENTAUX > Protection des données personnelles
Le droit à la protection de son intimité sur internet devrait être inscrit dans la Constitution, estime Alex Türk, le président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) et président du G 29 qui au niveau européen regroupe les 27 contrôleurs à la protection des données personnelles
Dans un entretien accordé à Reuters, il dit avoir tenté de convaincre - en vain - Simone Veil de faire entrer ce nouveau droit à l'oubli numérique dans la loi fondamentale quand l'ancienne ministre présidait le comité chargé de réfléchir à une éventuelle révision du préambule de la Constitution de 1958. Pour Alex Türk, professeur de droit de formation, la France devrait rejoindre les treize Etats de l'Union européenne qui reconnaissent le principe de protection des données numériques dans leur Constitution. "Il faut appliquer à internet le même type de raisonnement que pour l'écologie, dont la charte a été adossée à la Constitution", estime-t-il. "Nous devons avoir le droit à protéger notre environnement numérique". "Je veux pouvoir vivre libre dans la société numérique. Il faut un droit à l'incognito, à la solitude sur internet", plaide Alex Türk, qui insiste sur l'équilibre à trouver avec la liberté d'expression et le droit d'aller et venir sur le net.
Les réseaux sociaux sur internet ont fait exploser le nombre de données personnelles, souvent volontairement publiées par les internautes mais qui peuvent se révéler embarrassantes. Techniquement, il n'y a aucune limite à la mémoire d'internet et il n'existe pour l'instant pas de texte contraignant, d'où une réflexion naissante sur le droit à l'oubli numérique qui consiste en l'effacement des données. La secrétaire d'Etat chargée de l'Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a annoncé la rédaction d'une charte pour mieux gérer ces traces numériques d'ici à juin prochain.
En parallèle, deux sénateurs ont rédigé une proposition de loi qui propose de rendre obligatoire la publication d'informations sur la durée de conservation des données personnelles et de faciliter le droit à leur suppression. A l'instar de la secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, Alex Türk s'inquiète des problèmes causés par les données personnelles dans les processus de recrutement. Selon une étude citée par Nathalie Kosciuscko-Morizet lors d'un atelier consacré à l'oubli numérique à Paris début novembre, 35% des recruteurs américains ont reconnu avoir éliminé des candidats pour cause de propos ou de photos sur internet jugés déplacés. "Les jeunes qui viennent nous voir sont dans une situation infernale: ils ont été profilés et n'ont pas été embauchés", explique le président de la Cnil.
Mais, selon lui, le nombre de plaintes n'explose pas pour autant. "Les gens ne viennent plus, c'est le règne du 'à quoi bon' puisqu'il n'existe aucune contrainte au niveau international", dit-il. Il n'y aura, à ses yeux, "pas de vraie solution sans les Etats-Unis", dont sont originaires la plupart des géants de l'internet, comme Google, Facebook ou Yahoo. "Pour les Américains, les données personnelles sont des données commerciales qui ont une valeur marchande. En Europe, nous pensons que ce sont des attributs de la personnalité", rappelle-t-il, pour preuve des difficultés à venir. Il faut aller d'autant plus vite, insiste le sénateur du Nord, que les technologies futures poseront de nouveaux problèmes. "Avec les nanotechnologies, nous allons entrer dans l'ère des systèmes d'information qui verront, entendront, communiqueront à distance. Nous n'aurons bientôt plus jamais la certitude absolue d'être seul", prédit Alex Türk.
L'édition complète en bref
- EDITORIAL
- Programme de Stockholm : en commission les députés européens recherchent l'équilibre entre liberté et sécurité . Un certain recentrage des positions par rapport à la précédente législature, mais la droite n'a pas réellement gagné ; d'ailleurs elle s'est abstenue au moment du vote final.
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Travail au noir : le ministre français de l'emploi, Xavier Darcos, promet de fermer les sociétés employant des sans-papiers. Le ministre de l'immigration, Eric besson, veut défendre les immigrés légaux. Un cas test pour l'Union européenne et la mise en oeuvre de son pacte pour l'immigration et l'asile.
- L'oubli numérique, futur droit constitutionnel ? Une pierre d'achoppement pour le futur programme de Stockholm ? (cf autre information sur le programme de Stockholm)
- A nouveau l'interdiction du blasphème à l’ordre du jour des Nations Unies. L’Union européenne vient d'ouvrir le dossier de la liberté de religion et de conviction.
- La Convention des droits de l'enfant a vingt ans ! Sert-elle à quelque chose ? OUI répond un rapport de l'UNICEF. La Commission européenne s'inquiète: ce sont les enfants eux-mêmes qui doivent connaître leurs droits
- Le délit de solidarité : un tournant avec l'avis de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH). Appel au gouvernement à réformer par la loi et sans ambiguïté. L'appel a-t-il été entendu par le gouvernement français ? Non si on juge par les réactions du monde associatif. Désaccord profond sur la notion « d'immunité humanitaire ».
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Pour son vingtième anniversaire, un rapport accablant du Conseil de l'Europe ( Comité pour la prévention de la torture-CPT) dénonce les conditions dans les prisons des Etats membres.
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Internet et vie privée : sur Internet, notre passé ne nous appartient plus. Qu'en est-il du droit à l'oubli numérique ?
- Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à nouveau sur la sellette : les députés expriment de fortes critiques devant le président du CDH. Le conflit israélo palestinien et la récente guerre à Gaza ont dominé les débats.
- Régularisation des travailleurs immigrés : comptes, mécomptes de Eric Besson, ministre français de l’immigration. Comptes, mécomptes et mécontentement !
- L'égalité des sexes dans la région euro-méditerranéenne: Du plan d'action à l'action? Où en est-on avec le plan d'Istanbul ?
- Non discrimination et droits des minorités européennes en vedette à l’heure des questions au Parlement européen. Un tiers de femmes dans la nouvelle Commission
- France, réforme administrative : la CNDS, (Commission nationale de déontologie de la sécurité) qui contrôle la police, regrette de disparaître et alerte les parlementaires sur les conséquences de sa disparition.
- La peur et l'ignorance ont fait voter les suisses contre les minarets. Quand le Canada fait la leçon à la Suisse : entretien du Journal le Temps avec Zarqa Nawaz, créatrice de «La Petite Mosquée dans la prairie» Condamnations unanimes. Un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme: difficile. L'onde de choc se propage à travers toute l'Europe.
- Le Conseil de l'Europe et la Commission européenne demandent instamment aux pays européens de prendre des mesures pour garantir l'intérêt supérieur de l'enfant dans les procédures d'adoption
- Le TRAITE de LISBONNE et la COUR de JUSTICE DE L'UNION EUROPEENNE
-
La Commission européenne réserve des numéros de téléphone européens pour le service téléphonique d'assistance aux victimes de délits et le service médical de garde hors urgence
- Expliquer le traité de Lisbonne---Explaining the Treaty of Lisbon
- La Commission se félicite de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne
- Jerzy Buzek: "The Lisbon Treaty will help us deliver on citizens' expectations. Let us be successful and not just have the potential of success"
- Des Informations rapides
- Publications au Journal Officiel
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