
Hadopi entre en phase de test : c'est la dernière ligne droite pour la Haute autorité qui commence à tester son "dispositif technique" en attendant la parution des derniers décrets. Dernières tentatives d'explication pour rassurer. Va-t-elle servir à quelque chose ? Une complexité déroutante. Quand le premier e-mail d'avertissement ?
mise en ligne :30 06 2010 ( NEA say… n° 90 )
DROITS FONDAMENTAUX > Protection des données personnelles
La Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) a convié la presse, mardi 29 juin, pour faire "un nouveau point" sur une Hadopi "opérationnelle". Sa présidente Marie-Françoise Marais explique que la Haute autorité a démarré une "phase de test" pour tout son "dispositif technique d'échange de données". "Aujourd'hui, la Haute autorité est prête à lancer son action en matière de réponse graduée dès la publication au Journal officiel du décret qui s'y rapporte", résume -t-elle.
Dans le texte, le décret définit la négligence caractérisée comme l'absence "de mise en place d'un moyen de sécurisation", ou le manquement "de diligence dans la mise en œuvre de ce moyen".
Si le modèle du premier e-mail d'avertissement qui sera envoyé aux internautes est déjà rédigé, la CPD ne se prononce sur "aucune date" concernant le premier envoi. Reste que selon les informations de Nouvelobs.com, le début des envois de "courriels d'avertissement" interviendrait entre la mi-juillet et septembre.
Concernant le volume traité, l'Hadopi renvoie la balle aux ayant-droits qui "font ce qu'ils veulent". Des ayant-droits qui ont annoncé la saisie de la CPD sur la base de 50.000 adresses IP (identifiants d'un internaute) par jour. "Nous verrons ce que nous ferons", prévient Mireille Imbert-Quaretta. "Nous ne sommes pas obligés de traiter les 50.000, mais nous pouvons le faire." L'envoi des e-mails d'avertissement et des lettres recommandées sera à priori automatisé. Seul l'envoi de dossiers au Parquet (qui décidera si sanctionner ou non un internaute pour téléchargement) se fera "au cas par cas" par la CPD. La CPD se défend toutefois d'être "un radar automatique", arguant pouvoir "intervenir à tout moment de la riposte graduée". La présidente précise toutefois que "les dossiers ne seront transmis au Parquet que lorsque la CPD aura la certitude que c'est bien l'abonné qui est l'auteur du téléchargement illégal". Enfin, pour faire taire les critiques sur l'utilité de l'Hadopi, la CPD tient à rappeler que ce sont avant tout "les personnes négligentes ou qui n'ont pas conscience de l'infraction qui sont visés par le dispositif", et non "les pirates et autres contrefacteurs".
Hadopi prête à frapper….mais pas si fort que çà ! sentiment diffus ressenti par beaucoup. Des précisions mais aussi beaucoup de flou dans les réponses. et cela au moment où le front des pro-Hadopi purs et durs(notamment au sein du parti majoritaire UMP) faiblit. Au Parlement européenet la députée Gallo (PPE-UMP) auteur d'un projet de rapport qualifié de "pro-Hadopi) a du consentir à un report d'examen de son rapport d'initiative.
Le front des partisans de l'Hadopi se fissure : les députés de la majorité parlementaire française (UMP) prennent leurs distances avec le dispositif, nous avons-vu que l'autorité avoue son incapacité à sanctionner massivement les pirates et les ayants-droits s'impatientent. Un an après un vote décisif sur le volet répressif de la loi Hadopi, le dispositif voulu par Nicolas Sarkozy pour lutter contre le piratage reste au point mort. Alors que les premiers messages d'avertissement devraient être envoyés aux internautes à la rentrée, les soutiens tendent à se raréfier. Chef de file des députés de l'UMP à l'Assemblée nationale, chargé de mobiliser ses troupes après un premier vote raté en avril 2009, Jean-François Copé a assuré qu'il «connaissait et percevait les faiblesses» de la loi avant son adoption. «J'ai un peu évolué sur la question», a-t-il ajouté, reconnaissant un «choix maladroit dans les textes et les propos» lors du débat, et avouant avoir faire un «petit mea culpa» sur la question.
Cette position, au sein de la majorité, n'est pas isolée. Dans un rapport intitulé «Liberté et règles dans le monde numérique» publié fin mai, http://www.ethique-du-numerique.fr/tl_files/rappor_ethique_du_numerique.pdf
des députés UMP avaient déjà pris leurs distances avec le système répressif imaginé par le rapport Olivennes (cf. Nea say) et validé par le président de la République. Jusqu'à présent, «l'arsenal des sanctions s'est surtout adressé [aux utilisateurs]. Cela n'est pas le plus efficace», était-il écrit. «Le téléchargement illégal devrait devenir marginal non pas grâce à la législation restrictive, mais du fait des progrès technologiques et des évolutions des usages», ajoutait le rapport. En clair, les nouveaux modes de consommation, dont le streaming légal, conduiront au meilleur respect du droit d'auteur. Pas les amendes et les coupures d'Internet.
Les producteurs ont pourtant besoin de certitudes, car le repérage des pirates est coûteux. «Pour surveiller 100 titres et collecter 25.000 adresses par jour, la facture s'élève à 35.000 euros par mois, soit 420.000 euros par an. C'est beaucoup et on veut être certain que l'Hadopi traitera ensuite toutes les demandes», expliquait récemment Jean-Claude Larue, délégué général du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs. Ces chiffres sont encore plus élevés dans la musique, selon le directeur général de la SCPP, représentant des producteurs, qui évoque une collecte de «plusieurs millions d'euros». Et ils n'incluent pas l'identification des abonnés selon leur adresse IP, menée en aval par les fournisseurs d'accès à Internet.
Du côté des ayants-droits, on commence donc à évoquer l'après-Hadopi. Et certains relient le débat sur le piratage avec celui portant sur la neutralité d'Internet (cf. autre article dans le n° 90 de Nea say). Selon eux, les opérateurs pourraient filtrer l'accès et le transfert des fichiers piratés. Mais peut-on filtré tous les contenus illicites en amont, il faut quand même l'action d'un juge ? Selon Franck Riester, le député rapporteur à l’Assemblé nationale, ce débat a au moins «le mérite de commencer à changer des comportements» en introduisant la peur des sanctions. Car les ventes de musique et de vidéos en ligne «explosent», s'est félicité le rapporteur de la loi Hadopi. Ajoutons que celle querelle Hadopi transposée au niveau européen a eu des conséquences pédagogiques positives et qu’il a lancé le débat sur la neutralité de l’Internet, sur l’accès à internet droit fondamental et bien de première nécessité au même titre que l’eau, l’électricité….il est entré dans la catégorie des quasi services publics universels.
Compte rendu de l'audition le 23 juin par l'Assemblée nationale française des présidente de la Hadopi et de la CPD http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cedu/09-10/c0910053.asp
L'édition complète en bref
- Editorial
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Programme de la présidence belge en matière de Justice et Affaires intérieures.
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Enfin le feu vert pour le projet d’accord Swift/Tftp d’échanges de données bancaires entre les Etats-Unis et l’UE ! Le Parlement européen donne son avis conforme ! Un accord provisoire ? Le dernier mot n’est pas encore dit et ne va-t-il pas rester aux juges ? Bilan.
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« ONU FEMMES » : non discrimination à l'égard des femmes et des jeunes filles, l'ONU crée une superstructure dédiée à la condition féminine.
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Acta menace les intérêts publics ! Un panel international d'experts, d'organisations et de députés européens (nombreux) tire à nouveau le signal d'alarme. Résultats du 9ième round de négociations à Lucerne.
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Lutte contre le terrorisme : la France, l’Allemagne, et le Royaume-Uni utilisent des renseignements arrachés sous la torture dans des pays tiers, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport rendu public. HWR propose aux gouvernements un code de bonne conduite. Un préjudice grave porté à la réputation de l’UE.
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Immigration : un problème connexe crucial, les acquisitions de terres agricoles dans les pays en voie de développement. Il y aurait matière à coopérer en vue d'une « immigration concertée » et du co-développement.
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La Convention du Conseil de l’Europe sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels est entrée entre en vigueur Le 1er juillet, seulement trois pays membres de l’UE l’ont ratifiée. Une audition au parlement européen.
- Mutilations génitales : l’Europe doit agir !
- Le tout nouveau gouvernement conservateur va imposer des quotas migratoires aux pays non membres de l'UE. Où en est le pacte européen sur l'immigration et l'asile ?
- Histoire de l’arroseur arrosé : selon les conclusions de l’avocat général de le Cour de Justice européenne, le Royaume-Uni ne peut pas prétendre participer à la prise de décision concernant l’accès au système d’information sur les visas « VIS » de la zone Schengen puisqu’il n’en fait pas partie !
- Scanners dans les aéroports : les Etats membre favorables à des règles communes, mais chacun resterait libre d'en introduire ou pas.
- Pas de législation européenne sur la Burqa !
- Hadopi entre en phase de test : c'est la dernière ligne droite pour la Haute autorité qui commence à tester son "dispositif technique" en attendant la parution des derniers décrets. Dernières tentatives d'explication pour rassurer. Va-t-elle servir à quelque chose ? Une complexité déroutante. Quand le premier e-mail d'avertissement ?
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Après la signature de l'accord SWIFT/TFTP, les députés européens saluent l'accord, mais le G29 des contrôleurs nationaux à la protection des données expriment leurs préoccupations ; Deuxième mi-temps avec l'accord PNR (données des passagers aériens).
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Droit des successions : les notaires européens informent les citoyens et la Commission lance une consultation.
- Des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme sont ignorés par les Etats pressé d’expulser des personnes soupçonnées de liens avec le terrorisme, mais sans preuve.
- Comment votent les députés au Parlement européen !
- Accéder à Internet un droit fondamental et un bien de première nécessité : la Finlande montre la voie.
- La crise économique a accentué les tensions racistes en Europe conclu l'ECRI ( Commission Européenne contre le Racisme et l'Intolérance) du Conseil de l'Europe
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Adhésion de l’Union européenne à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) : ouverture des négociations.
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