
Acta menace les intérêts publics ! Un panel international d'experts, d'organisations et de députés européens (nombreux) tire à nouveau le signal d'alarme. Résultats du 9ième round de négociations à Lucerne.
mise en ligne :30 06 2010 ( NEA say… n° 90 )
DROITS FONDAMENTAUX > Droit à l'information
A débuté le 28 juin à Lucerne, la 9ème session de négociations multilatérazles (28 juin- 2 juillet) sur l'accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) En dépit des efforts faits en matière de transparence (publication le 21 avril du texte de négociation consolidée à l'issue de la 8ème session de la mi –avril à Wellington (cf les numéros de Nea say consacrés à ACTA) les critiques restent aussi vives et les parlementaires européens aussi vigilants et mobilisés.
Cette déclaration reflète les conclusions d'une réunion de plus de 90 universitaires, praticiens et organisations d'intérêt public de six continents différents qui s'est tenue du 16 au 18 juin 2010 à l'Ecole de Droit de l'Université Américaine de Washington. Organisée par le Programme de l'Université Américaine sur
Ce sont sept domaines fondamentaux qui sont visés par
Texte de
« Nous estimons que les termes contenus dans la version du texte de l'ACTA rendu publique menacent de nombreux intérêts publics, y compris toutes les inquiétudes rejetées par les négociateurs eux-mêmes.
-. Les négociateurs déclarent que l'ACTA n'interférera pas avec les droits citoyens fondamentaux et les libertés ; ce n'est pas vrai.
-. Les négociateurs déclarent que l'ACTA est compatible avec l'Accord sur les Droits de Propriété Intellectuelle liés au Commerce (ADPIC) de l'OMC ; il ne l'est pas.
-. Les négociateurs déclarent qu'ACTA n'augmentera pas les fouilles aux frontières ou n'interférera pas sur le transit de médicaments génériques légitimes ; ce sera le cas.
-. Et ils déclarent que l'ACTA n'impliquera pas des «réponses mesurées» concernant la déconnexion d'utilisateurs d'internet ; pourtant, l'accord recommande fortement de telles politiques.
L'ACTA est le produit imparfait prévisible d'un processus profondément déficient. Ce qui a commencé comme une simple proposition de coordonner les mesures douanières a évolué de manière radicale et complexe vers un nouveau règlement international concernant la propriété intellectuelle et internet, avec de graves conséquences pour l'économie globale et l'aptitude des gouvernements à promouvoir et préserver l'intérêt public.
N'importe quel accord de cette portée et avec de telles conséquences doit reposer sur un processus public large et consultatif, documenté, avec un accès permanent et libre à toutes les propositions de textes négociés. Il doit en outre refléter la gamme complète des préoccupations d'intérêt public. Comme détaillé ci-dessous, ce texte ne respecte pas ces standards.
Reconnaissant que les termes de l'accord continuent à être négociés derrière des portes closes, sur la base d'un texte auquel nous n'avons pas accès, une lecture équitable de la version d'avril 2010 nous amène à la conclusion que l'ACTA menace les intérêts publics dans au moins sept domaines critiques de la politique publique mondiale : droits fondamentaux et libertés, gouvernance d'internet, accès aux médicaments, portée et nature des droits de propriété intellectuelle, commerce international, législation internationale et institutions, processus démocratique.
1-. DROITS FONDAMENTAUX ET LIBERTÉS
ACTA autoriserait et encouragerait l'application de mesures gouvernementales et privées qui
entraveraient la jouissance des droits fondamentaux et des libertés, y compris des droits humains protégés sur un plan national et international comme le droit à la santé, au respect et à la protection de la sphère privée, à la liberté d'expression, à l'éducation, à la participation culturelle, à une justice équitable, y compris le droit à un jugement équitable et à la présomption d'innocence.
2-. INTERNET et ACTA:
Acta encouragerait les fournisseurs d'accès à internet à jouer le rôle de policiers vis-à-vis des internautes en rendant ces fournisseurs responsables des agissements de leurs clients, en conditionnant le dispositif dit de «Safe Harbor» ou «Sphère de sécurité» à l'adoption de principes policiers, et en exigeant des parties qu'elles encouragent la coopération entre les fournisseurs d'accès et les détenteurs de droits;
Encouragerait la surveillance et de potentielles déconnexions punitives par des acteurs privés, sans supervision par des organes judiciaires ou sans processus judiciaire en bonne et due forme;
Acta généraliserait l'interdiction de contournement des mesures de protection contre la lecture et le copie («clauses anti-neutralisation» ou 'anti-circumvention dispositions') qui menaceraient l'innovation, la concurrence, les logiciels libres, les modèles économiques en accès libre, l'interopérabilité, les exceptions aux droits d'auteur et la liberté de choix des utilisateurs.
3-. ACTA et l'ACCÈS AUX MÉDICAMENTS
ACTA mettrait en péril l'accès généralisé à des médicaments abordables, y compris en:
- ; Autorisant les autorités douanières à saisir des marchandises dans les pays de transit, même si ces marchandises ne violent aucune loi des pays d'exportation ou d'importation;
-. Impliquant des fournisseurs de substances pharmaceutiques actives agissant en toute légalité mais dont le matériel a pu être utilisée en aval pour des produits illégaux, sans qu'ils en aient eu connaissance;
-. Limitant les flexibilités clés accordées aux gouvernements par rapport aux injonctions, notamment dans les cas concernant les brevets, et qui sont nécessaires dans le cas de royalties exigées par des cours de justice, pour les prix liés à l'innovation ainsi que pour d'autres politiques visant à dissocier le coût de la recherche et développement du prix des produits;
-. Etendant la portée de l'accord aux brevets dans plusieurs domaines de l'accord, ce qui est une réponse inadaptée à une politique visant à lutter contre les contrefaçons.
4-.PORTÉE ET NATURE DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
ACTA fausserait les équilibres fondamentaux entre les droits et les intérêts des propriétaires et des utilisateurs, y compris en:
-. Introduisant des droits hautement spécifiques et des possibilités de recours aux détenteurs de droit sans détailler les exceptions, limitations et garanties procédurales des utilisateurs;
-.Transférant la charge de l'application des mesures aux autorités publiques et à des intermédiaires privés selon un mode vraisemblablement plus propice aux préoccupations des propriétaires;
-.Exigeant l'évaluation des dommages et intérêts basée sur des formules potentiellement sans lien avec les dommages encourus ou les bénéfices;
-. Omettant de décourager les détenteurs de droits d'abuser de son application;
-. Incluant l'exigence d'une application civile et pénale renforcée d'injonctions rigides et de dommages, qui restreindraient les flexibilités des gouvernements, entraveraient l'innovation et freineraient le développement et la diffusion de technologies vertes;
-.Menaçant la poursuite ou le développement d'exceptions d'intérêt public innovantes, comme le droit usuel permettant de copier des œuvres par une «autorisation».
5-. COMMERCE INTERNATIONAL
ACTA créerait des obstacles au commerce concernant les biens liés au savoir, nuisant de manière disproportionnée aux pays en développement qui dépendent des importations et des exportations pour les biens essentiels. Plus spécifiquement, ACTA:
Etendra les fouilles douanières et les saisies d'office (ex officio) lors de transits à une vaste gamme de marchandises « suspectées » d'infractions à la propriété intellectuelle, incluant également les suspicions de violations de brevets qui impliquent des questions judiciaires complexes et des faits qui sont impossibles à juger par des autorités douanières;
6-. LÉGISLATION INTERNATIONALE ET INSTITUTIONS
ACTA serait en conflit avec un nombre important de lois internationales existantes et de processus en cours. Spécifiquement, ACTA contient des dispositions qui:
Sont en conflit avec l'accord de l'Organisation Mondiale du Commerce sur les Droits de Propriété Intellectuelle liés au Commerce (ADPIC), en autorisant des saisies basées sur la loi des « parties appliquant les procédures » plutôt que celle des « pays d'importation » (ADPIC Art. 52) et en omettant d'inclure des clauses de sauvegardes vitales contre les abus (par ex. Articles 41.1, 48.1, 48.2, 50.3, 53.1, 56), des flexibilités pour promouvoir l'intérêt public (par ex. ADPIC Art. 44.2), des exigences de proportionnalité quant à l'application des mesures (par ex. Art. 46, 47) et des dispositions permettant de garantir un équilibre entre les intérêts des propriétaires, des consommateurs, et de la société au sens large (par ex. ADPIC Art. 1, 7, 8, 40, 41.2, 41.5, 54, 55, 58);
Sont en conflit avec
Affaiblissent le processus d'Agenda du Développement en cours au sein de l'Organisation Mondiale de
Affaiblissent les rôles de l'OMPI et de l'OMC en créant une nouvelle administration internationale superflue.
7-. PROCESSUS DÉMOCRATIQUE
ACTA altère les processus législatifs traditionnels et constitutionnelles en:
-. Exportant et en rigidifiant des pratiques d'application controversées et problématiques, empêchant toute amélioration future des lois en réponse à l'évolution des technologies et des politiques;
-. Exigeant des modifications substantielles dans les lois de nombreux pays, sans processus législatif;
Le processus de négociation de l'ACTA est fondamentalement déficient. Spécifiquement, les négociations:
-. N'ont pas été menées publiquement, comme c'est le cas pour les négociations multilatérales;
-. N'ont pas été accompagnées de preuves démontrant les problèmes de politiques publiques visant à être résolus;
-. Ont été menées dans des conditions restreignant les apports publics à des acteurs sélectionnés, à huis clos et sans garantir un accès aux dernières versions d'un texte évoluant rapidement;
-.Ont manqué de représentativité équilibrée des acteurs concernés, en particulier de la société civile. »
Communiqué, explications et analyse, liste des contacts (FR) http://www.wcl.american.edu/pijip/go/blog-post/acta-communique-french
(EN) http://www.wcl.american.edu/pijip/go/acta
L'édition complète en bref
- Editorial
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Programme de la présidence belge en matière de Justice et Affaires intérieures.
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Enfin le feu vert pour le projet d’accord Swift/Tftp d’échanges de données bancaires entre les Etats-Unis et l’UE ! Le Parlement européen donne son avis conforme ! Un accord provisoire ? Le dernier mot n’est pas encore dit et ne va-t-il pas rester aux juges ? Bilan.
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« ONU FEMMES » : non discrimination à l'égard des femmes et des jeunes filles, l'ONU crée une superstructure dédiée à la condition féminine.
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Acta menace les intérêts publics ! Un panel international d'experts, d'organisations et de députés européens (nombreux) tire à nouveau le signal d'alarme. Résultats du 9ième round de négociations à Lucerne.
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Lutte contre le terrorisme : la France, l’Allemagne, et le Royaume-Uni utilisent des renseignements arrachés sous la torture dans des pays tiers, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport rendu public. HWR propose aux gouvernements un code de bonne conduite. Un préjudice grave porté à la réputation de l’UE.
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Immigration : un problème connexe crucial, les acquisitions de terres agricoles dans les pays en voie de développement. Il y aurait matière à coopérer en vue d'une « immigration concertée » et du co-développement.
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La Convention du Conseil de l’Europe sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels est entrée entre en vigueur Le 1er juillet, seulement trois pays membres de l’UE l’ont ratifiée. Une audition au parlement européen.
- Mutilations génitales : l’Europe doit agir !
- Le tout nouveau gouvernement conservateur va imposer des quotas migratoires aux pays non membres de l'UE. Où en est le pacte européen sur l'immigration et l'asile ?
- Histoire de l’arroseur arrosé : selon les conclusions de l’avocat général de le Cour de Justice européenne, le Royaume-Uni ne peut pas prétendre participer à la prise de décision concernant l’accès au système d’information sur les visas « VIS » de la zone Schengen puisqu’il n’en fait pas partie !
- Scanners dans les aéroports : les Etats membre favorables à des règles communes, mais chacun resterait libre d'en introduire ou pas.
- Pas de législation européenne sur la Burqa !
- Hadopi entre en phase de test : c'est la dernière ligne droite pour la Haute autorité qui commence à tester son "dispositif technique" en attendant la parution des derniers décrets. Dernières tentatives d'explication pour rassurer. Va-t-elle servir à quelque chose ? Une complexité déroutante. Quand le premier e-mail d'avertissement ?
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Après la signature de l'accord SWIFT/TFTP, les députés européens saluent l'accord, mais le G29 des contrôleurs nationaux à la protection des données expriment leurs préoccupations ; Deuxième mi-temps avec l'accord PNR (données des passagers aériens).
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Droit des successions : les notaires européens informent les citoyens et la Commission lance une consultation.
- Des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme sont ignorés par les Etats pressé d’expulser des personnes soupçonnées de liens avec le terrorisme, mais sans preuve.
- Comment votent les députés au Parlement européen !
- Accéder à Internet un droit fondamental et un bien de première nécessité : la Finlande montre la voie.
- La crise économique a accentué les tensions racistes en Europe conclu l'ECRI ( Commission Européenne contre le Racisme et l'Intolérance) du Conseil de l'Europe
-
Adhésion de l’Union européenne à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) : ouverture des négociations.
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