
L’OCDE lance un cri d’alerte : les immigrés premières victimes de la crise : il faut continuer à les intégrer !
mise en ligne :26 02 2009 ( NEA say… n° 62 )
ASILE > Garanties procédurales
Dans la perspective d’un rapport prévu pour juin prochain, Jean-Pierre Garson, responsable au sein de l’OCDE des migrations internationales et futur rédacteur du rapport, en livre les principaux éléments.
Pour Jean-Pierre Garson, "Malgré la crise, les pays doivent continuer à intégrer les immigrés, car ils font partie de leur économie" Le télescopage entre la crise économique et les courants migratoires inquiète les trente pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
La crise intervient alors que ces dernières années ont été caractérisées par des flux migratoires très importants, avec un regain de l'immigration de travail. Les immigrés ont largement bénéficié des créations nettes d'emplois dans les pays de l'OCDE. Mais la crise change tout : les immigrés sont les premiers touchés et plus touchés que les autres parce qu'ils sont concentrés dans les secteurs les plus exposés, dans les qualifications peu élevées, les emplois temporaires, les statuts précaires. Certains prédisent une explosion du nombre de clandestins, une chute des migrations, la multiplication des retours au pays, le pronostic est difficile faute de données mais on ne peut pas s'attendre à des retours massifs de travailleurs migrants, car la situation est pire dans les pays d'origine. L’expérience des années 1970 est un élément de preuve : les immigrés alors ne sont pas rentrés. Dernièrement, l'Espagne a annoncé un objectif de 100 000 retours, avec une forte incitation financière. Ils n'ont même pas reçu 2 000 demandes... Quant aux clandestins, la crise à elle seule aurait plutôt tendance à réduire leur nombre, en limitant l'intérêt économique de la migration. Mais cela mérite d’être confirmé dans les faits. Signalons que face à la crise, par exemple, les espagnols qui laissaient aux immigrés certains emplois, notamment les emplois saisonniers, y reviennent.
La crise est porteuse de racisme, de xénophobie. : bien des pays ont durci leur politique migratoire, réduisant leurs quotas, se montrant plus sévères avec les clandestins, appliquant strictement la préférence accordée aux chômeurs nationaux...L’OCDE invite les gouvernements à une analyse équilibrée. Leur rappeler que la croissance s'est faite avec les immigrés, qui font partie de leur économie. Le vrai enjeu aujourd'hui, c'est de ne rien lâcher sur les politiques d'intégration. Au contraire, il faut profiter de la crise pour mettre en place des politiques de formation, afin de mieux utiliser les qualifications des travailleurs migrants ; permettre aux immigrés de passer d'un statut à un autre, puisqu'on sait qu'ils ne repartiront pas.
Pour l'OCDE, les pays développés doivent rester des terres d'immigration, même en temps de crise ! Certains besoins de main d'oeuvre sont structurels et résisteront à la crise, notamment dans le secteur de la santé, le soin aux personnes âgées. En période de reprise, les immigrés apportent souplesse et dynamisme. Restent ensuite les questions géopolitiques : on ne peut pas chercher des marchés et des matières premières dans les pays en développement et leur fermer complètement la porte. Tourner le dos aux politiques nouvelles esquissées en matière d’immigration reviendrait à favoriser des situations explosives dans les pays d’origine entraînant à leur tour une montée en flèche des migrations incontrôlées de réfugiés, demandeurs d'asile ou clandestins.
Cf infra dans les "Informations rapides" la crise et le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
L'édition complète en bref
- Editorial: Comment sera le monde en 2025 et que vous dira alors Nea say...?
- Rapport mondial sur la traite des êtres humains :une forme moderne d’esclavage
- Tests ADN pour étrangers : en voie d’être enterrés ?
- Des conditions de détention intolérables dans les centres de rétention
- Les dérives des politiques antiterroristes pèsent sur les démocraties occidentales.
- Les défenseurs des droits de l’homme américains déçus par Obama. L'attente était trop grande, l'impatience insatisfaite
- «L’Affaire Swift » est-elle sacrifiée sur l’autel de la réconciliation entre l’Europe et les Etats-Unis ?
- Le Parlement européen estime que les Etats membres sont pleinement co-responsables dans les activités de la CIA en Europe.
- Que faire des détenus de Guantanamo ? L’Union européenne est divisée sur le sujet mais le Parlement européen a, dans une forte majorité, une vision plus engagée.
- Guantanamo : le Parlement européen appelle les Etats membres à accueillir les détenus libérés en Europe.
- Appel aux futurs députés européens : combler le fossé de la pauvreté et des inégalités, une priorité absolue.
- Eliminer la pauvreté des enfants : le rôle de l’UE
- Les députés européens approuvent définitivement la directive « sanctions » des employeurs. Réactions mitigées des ONG.
- Un demandeur d’asile peut être dispensé de l’obligation de prouver une menace particulière envers sa personne, nous dit la Cour de justice européenne..
- Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies débat des conséquences de la crise et vote une résolution. Abstention regrettable de pays de l’Union européenne !
- Une place pour les enfants dans la politique extérieure de l’Union demandent les députés européens .
- La cohérence des politiques au service du développement : un débat au parlement européen.
- L'Allemagne renforce sa législation sur la protection des données sur Internet
- Les Roms de Bulgarie continuent de souffrir de ségrégation tant au niveau scolaire que dans le monde du travail, s'alarme la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (Ecri), un organe du Conseil de l'Europe.
- L’OCDE lance un cri d’alerte : les immigrés premières victimes de la crise : il faut continuer à les intégrer !
- Les politiques anti-terroristes des Etats- Membres examinées dans le détail par la Commission européenne.
- Lenuméro d'urgence unique de l'UE, enfants disparus
- Le numéro 112, un numéro à retenir d’urgence. La Commission veut une gestion réellement multilingue
- Le numéro d’appel d’urgence 116 pour les enfants disparus est opérationnel dans cinq Etats membres !
- Nouvel épisode dans la bataille du téléchargement avec l’adoption en commission du rapport du député européen Lambrinidis. L'accès à Internet ne peut pas être refusé en tant que sanction.
- Traité de Lisbonne: la République tchèque fait un pas important et essentiel. L'Irlande sans précipitation s'achemine vers un second référendum positif.
- Des informations rapides (Première partie)
- Des informations rapides (Deuxième partie)
- Publications au Journal Officiel
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