Populisme : recule-t-il en Europe ?

 Il faut être prudent : s’entendre sur le terme même de populisme, être attentif aux circonstances nationales. Un recul apparent est incontestable mais il peut avoir des causes différentes. Cependant  on ne peut rester insensible à ce qui s’est passé en Suisse, Norvège, Danemark, voire Pologne. Une montée irrésistible des populismes semble exclue dans l’immédiat. Trop tôt pour dire si c’est le début d’un reflux. (suite…)

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Une feuille de route pour la croissance et la stabilité : nouvelle riposte de José Manuel Barroso, deux semaines après son discours surl’Etat de l’Union européenne

  Pendant la session plénière du Parlement européen, (le 12 octobre)le Président de la Commission Européenne José Manuel Barroso a, de nouveau, attiré l’attention en apportant les réponses les plus urgentes que l’Union doit  donner à la crise économique. Son « roadmap to stability and growth », déjà adoptée par la Commission, prévoit des objectifs au nombre de cinq qui , tous, doivent être poursuivis en parallèle. (suite…)

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Danemark : la réconciliation vers une nouvelle lune de miel ? Des annonces à un moment crucial pour l’Europe et à la veille de la présidence danoise ;

L’élément le plus spectaculaire réside dans le renoncement aux contrôles permanents aux frontières, mesures extravagantes qui ont contribué à alimenter l’anti-Schengen et tous les détricotages imaginables (et l’imagination est fertile en la matière) de l’Union européenne. Y mettre fin est en soi une bonne chose et que ce soit le tout nouveau chef du gouvernement , Helle Thorning Schmidt, qui l’annonce (le 3 octobre) peut laisser augurer d’autres annonces positives. Le Danemark allait, annonçait la première ministre,  combattre désormais « efficacement le crime transfrontalier dans le cadre de la coopération Schengen ». Voilà qui est infiniment plus raisonnable. (suite…)

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Editorial du N° 113 de Nea say: le monde a besoin de l’Europe

Le Monde a besoin de l’Europe

C’est une thématique abordée ici assez régulièrement tout autant que sa réciprocité, l’actualité de ces derniers jours lui donne une force toute particulière et renouvelée : les ministres des finances des Brics (Russie, Inde, Chine et Afrique du sud) étudient les moyens de venir en aide à la zone euro, six membres du G20 appellent le 22 septembre dernier la zone euro à agir contre la dette dans une lettre commune rendue publique par le gouvernement britannique, les uns et les autres morigènent, s’impatientent, proposent leurs services, les autorités américaines et les banques centrales s‘efforcent de donner le ton. Est-il possible de dégager un sens de cette cacophonie, ce tumulte des mots qui obscurcit les choses ? De l’hypocrisie, de l’empathie, de la realpoloitik, un sursaut pour conserver une puissance qui peu à peu s’évanouit ?Gagner un siège au Conseil de sécurité ? Un peu de tout cela sans doute, et bien autres choses. (suite…)

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Un monde sans Europe ?

C’est le titre d’un ouvrage qui vient de paraitre (1), c’est un thème abordé à plusieurs reprises par Nea say. Un premier constat : il s’agit d’un thème que les européens répugnent  à aborder, de façon inexplicable. Leur réflexion cale lorsqu’elle est mise en présence d’une telle problématique. Or cette perspective devrait être un précieux stimulant : le monde a besoin de l’Europe, tout autant l’Europe a besoin du monde. A ce jour les européens ne se sont pas investis avec suffisamment d’énergie et leurs considérations sur la mondialisation (les premières remontent à octobre 2007(2), sans parler de la déclaration de Copenhague de 1973 sur l’identité de l’Europe) ont vite fait long feu. Une telle réflexion ne saurait d’ailleurs se confondre complètement avec celle concernant la mondialisation qui se concentre pour l’essentiel sur les échanges commerciaux, financiers, les investissements et la production de biens et services. « Un monde sans Europe ? » relève plus de la géopolitique, mais cette réflexion ne peut ignorer les données économiques comme celle-ci, par exemple, la croissance économique dépendait  pour 20% , il y a plus ou moins 15 ans, des pays émergents. Aujourd’hui c’est 50% ! et le phénomène s’accélère. (suite…)

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Editorial du N° 110 de Nea Say

 

Construire l’Europe, ce n’est pas le thème pour l’enthousiasme d’un jour….

Une citation tronquée d’un grand philosophe, sociologue, grand analyste aussi de la chose politique et plus particulièrement de la guerre froide et de la division du continent européen, Raymond Aron. Celui que l’on présentait alors comme  un grand professeur d’hygiène morale et intellectuelle a eu une influence  considérable, mort  en 1983, il est aujourd’hui bien oublié ( provisoirement sans doute). Dans ses Mémoires il rapporte les propos qu’il avait tenus au soir de sa vie à des étudiants allemands à Francfort : « l’homme d’action est celui qui garde le sens d’une tâche grandiose à travers les médiocrités quotidiennes. La communauté européenne ou la communauté atlantique, ce n’est pas le thème pour l’enthousiasme d’un jour, c’est le thème final de l’effort qui donne un sens à la vie ou fixe un objectif à une génération ».

Il n’est pas facile de trouver une pensée plus opportune à livrer pour les vacances d’été à la méditation de ceux  qui sont engagés dans l’action publique ou plus simplement intéressés  par les ressorts profonds de l’action publique, autre mot pour dire simplement la politique. A la réflexion, on peut sans doute aussi y trouver une explication du désamour actuel à l’égard de l’Europe. En ces temps où l’immédiateté, une pseudo urgence l’emportent sur tout, comme l’emporte la mode éphémère (« l’enthousiasme d’un jour), proposer  « l’effort d’une vie », » l’objectif pour une génération » n’offre rien qui puisse séduire les contemporains.

C’est ce qui explique aussi tant de sévérités dans le jugement à l’égard  de quasiment tout, tout ce qui tombe sous la main en oubliant  le sens de la durée, l’appel à « l’effort qui donne un sens à la vie ou fixe un objectif à une génération ». A ces détracteurs permanents et aux dons d’ubiquité si remarquables, on est tenté de leur jeter à la face les paroles de Goethe qui dans son Faust fait dire à Méphistophelès : « je suis l’esprit qui toujours nie et c’est avec raison, car ce qui existe mérite d’être anéanti et il vaudrait beaucoup mieux que rien n’existât »

Ce sont là de pauvres réflexions pour faire évoluer les mentalités, me fera-t-on remarquer. L’Union européenne ne se mesure pas à l’aune de critères comptables, financiers, c’est un système moral  en ce sens qu’il s’enracine dans l’histoire et porte la marque des plus grands conflits mondiaux (dictatures, totalitarismes, glaciation soviétique), il a son parler et sa façon d’agir d’où son goût pour l’équilibre, un processus de construction, une lente maturation,  fait d’arbitrages et de compromis qui viennent se heurter aux attitudes péremptoires et aux propos hâtifs.

 

Bonnes vacances (suite…)

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