Malgré un cessez – le – feu et les tentatives de médiation, le Haut – Karabakh est redevenu une zone de combats à grande échelle. Des différends ethniques et territoriaux qui remontent au début du XXe siècle ont soudainement repris vie après des décennies de calme, rappelant au monde la vulnérabilité de la stabilité régionale.

Cet article donne un aperçu succinct des origines de la confrontation, de la dernière escalade et de l’état actuel des négociations.

Racines du conflit

  1. Carte historique de la région

Le territoire du Haut-Karabakh a changé de mains au cours des siècles: de la Perse à l’Empire ottoman, puis à l’Empire russe. La diversité de la composition ethnique (Arméniens, Azerbaïdjanais, Kurdes) a créé la base des revendications futures.

  1. Politique soviétique des autonomies

En 1923, les autorités de l’URSS ont incorporé le NKR (Oblast autonome du Haut – Karabakh) à la RSS d’Azerbaïdjan, laissant la population à majorité arménienne. Cette décision a gelé le conflit mais ne l’a pas éliminé.

  1. Le tournant de la fin des années 1980

Pendant la période de la «perestroïka», le territoire a eu l’occasion de réviser ses frontières. En 1988, les dirigeants arméniens du NKR ont demandé l’unification avec la RSS d’Arménie. L’Azerbaïdjan réagit en annulant le statut d’autonomie et en lançant un nettoyage ethnique.

Étapes du processus de paix et gel des combats

Les négociations qui ont suivi la fin des combats actifs en 1994 ont ouvert une nouvelle phase de régulation de la paix: pour la première fois depuis des décennies, les parties ont été confrontées à la nécessité d’élaborer des mécanismes de coexistence et des garanties de sécurité.

  1. 1994 – premier accord de cessez-le-feu

Les négociations menées à Osh (Kirghizstan) ont permis à la partie arménienne de contrôler de facto le Karabakh et sept districts adjacents.

  1. Groupe de Minsk de l’OSCE

Les États – Unis, la Russie et la France assurent la médiation et proposent une «feuille de route» pour un règlement: statut du Karabakh, sécurité, restitution des territoires, harmonie interethnique.

  1. Conflit gelé

De 1994 à 2020, les lignes de contact sont restées stables, mais des escarmouches localisées ont éclaté de temps à autre. Les négociations sont souvent dans l’impasse en raison des positions irréconciliables des parties.

Ces étapes clés ont montré qu’un cessez-le-feu ne suffit pas à garantir une paix durable.

Reprise des hostilités en 2020

Après près de trente ans de calme relatif dans la région, une nouvelle escalade a surpris de nombreux observateurs: les deux parties avaient accumulé des capacités militaires et se préparaient soigneusement à une reprise du conflit.

Liste des étapes:

  1. Objectifs stratégiques de l’Azerbaïdjan

Volonté de reconquérir les territoires contrôlés avec l’appui de la Turquie et l’utilisation de drones modernes.

  1. Défense arménienne

Utilisation de positions fortifiées et de casemates et assistance russe sous forme de casques bleus (après le cessez – le – feu).

  1. Accord de paix

En novembre, avec la médiation de la Russie, les parties ont signé un mémorandum trilatéral: le Karabakh est resté de facto sous l’autorité de Bakou, la Russie a introduit des forces de maintien de la paix et les corridors de transport ont reçu un statut international.

Ce passage brutal d’une trêve à une véritable guerre a montré que la démilitarisation de la région était impossible sans un règlement politique.

La confrontation au Nagorny – Karabakh nous rappelle une fois de plus que le conflit «gelé» n’est qu’une accalmie temporaire. Seule une approche globale, coordonnée au niveau international, tenant compte des réalités historiques, des intérêts économiques et des garanties de sécurité, peut transformer la région d’une zone de risque constant en un espace de développement pacifique durable.