« Welcome » récompensé par le Parlement européen.

Les lecteurs de Nea say sont familiarisés avec le concept de « délit de solidarité ».

Dans ce numéro un article avec les derniers développements. Le Parlement européen en récompensant le film « Welcome » apporte son soutien à tous ceux qui défendent les grands principes de la solidarité humanitaire et dans toutes ses expressions concrètes.


Le Parlement européen a décerné, mercredi 25 novembre, le prix Lux 2009 au film Welcome de Philippe Lioret, une chronique sur l’aide bénévole aux étrangers en situation irrégulière qui avait entraîné une polémique avec le ministre de l’immigration, Eric Besson. Le prix Lux récompense la meilleure œuvre cinématographique de l’année traitant des valeurs européennes, de l’intégration continentale ou de la diversité culturelle de l’Union européenne.

Le lauréat a profité de la cérémonie de remise du prix pour réclamer l’amendement de l’article de la législation française qui pénalise ceux qui aident les réfugiés. « Si quelque chose peut se passer au sujet de cet article de loi, ce sera une victoire », a déclaré Philippe Loiret. Il a aussi critiqué l’UMP, qui avait rejeté un projet d’amendement présenté en avril par des députés socialistes. « Aucun député UMP n’a alors assisté au débat, mais ils sont venus pour voter contre », a-t-il regretté. Le cinéaste juge qu’il faut dépénaliser l’aide apportée aux réfugiés, sauf si celle-ci est faite à des fins lucratives. Le monde associatif français a récemment désigné l’article pénalisant les bénévoles de « délit de solidarité ». Mais le ministre Eric Besson a récusé cette appellation, estimant que les personnes condamnées en vertu de ce texte étaient « allées plus loin » que le simple hébergement d’étrangers en situation irrégulière.

Le film Welcome  raconte l’histoire d’un maître-nageur, interprété par Vincent Lindon, qui aide un réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage. Il évoque les risques pris par les clandestins et leurs conditions de vie, tout en dénonçant l’attitude ambiguë des autorités françaises envers ceux qui tentent de les aider. Eric Besson avait jugé le film « très bon » à sa sortie, en mars, mais avait demandé au réalisateur de « retirer ses propos » faisant un parallèle entre la situation des migrants à Calais et celle des Juifs à la fin des années 1930. Le cinéaste avait expliqué vouloir dénoncer des « mécanismes répressifs » qui se « ressemblent étrangement ».

Ce prix va permettre de financer le sous-titrage de Welcome dans les vingt-trois langues officielles de l’UE et d’adapter la version originale pour les personnes atteintes d’un handicap visuel ou auditif, une aide évaluée à un total de 87 000 euros.

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