France: Commentaires sur les chiffres avancés par Eric Besson.

L’OCDE (Jean-Christophe Dumont) fait remarquer que la baisse de l’immigration légale est moins importante qu’il n’y parait. En effet les chiffres intègrent les Roumains et le Bulgares qui pendant la période transitoire qui suit leur adhésion à l’UE restent soumis à l’obtention d’une carte de séjour pour pouvoir travailler, or la baisse de l’immigration a été chez eux plus forte. Hors saisonniers et hors UE, le recrutement de travailleurs étrangers se stabilise plus qu’il ne baisse, à l’exception des contrats temporaires dont le nombre a chuté de moitié pour s’établir 4374.


Poursuivant sa démonstration l’OCDE par la vois de Jean) Christophe Dumont fait remarquer que l’impact de la crise est plus limité mais semble plus marqué en revanche  pour l’immigration familiale, l’étranger en France craignant de ne pouvoir assurer le coût de la venue du conjoint ou de sa famille. Au-delà de la crise le recul des entrées en France s’expliquerait plus par les changements de politiques. Dans le cas de l’émigration familiale s’explique aussi par le durcissement des lois concernant les conditions : hausse du niveau des ressources autorisant le regroupement familial, allongement du délai pour un français avant de faire venir son conjoint étranger, par exemple. Dans le cas de l’immigration économique, la venue de travailleurs étrangers a été facilitée par les assouplissements de procédure de la loi Sarkozy de 2006 , or il existe des besoins économiques structurels et la France, à la différence d’autres pays de l’OCDE, n’a pas pris de mesures spécifiques visant à restreindre l’immigration économique du fait de la crise. Globalement on peut conclure que la part des entrées pour motif économique (hors saisonniers) sur l’ensemble des flux demeure faible : de fin 2008 à fin 2009, elle s’est maintenue autour de 14%.

Concernant la politique d’asile, les chiffres de Eric Besson sont contestés : l’Office français de protection des réfugiés (OFPRA), le nombre  de demandes d’asile (hors mineurs accompagnants) s’établit en réalité à 33 000 en 2009 et non 47 000. Un chiffre qui reste malgré tout en hausse par rapport à 2008  de 22% où l’OPFRA avait enregistré 27 000 premières demandes.  .

Le débat sur les conséquences de la crise sur l’immigration est donc à suivre: les conclusions ne sont ni définitives, ni tranchées.

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