« 24 heures sans nous ! » une journée test du 1er mars pour souligner l’apport de l’immigration.

En son temps Nea say a décrit le mouvement spectaculaire lancé aux Etats-Unis par les immigrés, principalement par les immigrés d’origine hispanique. Les médias, y compris les européens, avaient largement relayé les manifestations qui avaient atteint une réelle ampleur. En appelant à la mobilisation le 1er mars, le collectif « 24 heures sans nous, une journée sans immigrés » entend « démontrer l’apport indispensable de l’immigration » à la France, en particulier son poids dans l’économie. Elle vise aussi à exprimer l’exaspération d’une nouvelle génération d’immigrés et d’enfants d’immigrés à l’égard des « dérapages » et des propos montrant du doigt dans les discours politiques (et de plus en plus fréquemment). L’INSEE et l’OCDE ont rassemblée une masse de données qui comme d’habitude montrent beaucoup de choses mais cachent l’essentiel. Un évènement à analyser attentivement !


Cette initiative, organisée le même jour en Italie et en Grèce, s’inspire d’une expérience observée aux Etats-Unis en 2006 : visés par une loi criminalisant la travail clandestin, des centaines de milliers d’immigrés hispaniques avaient paralysé les grandes villes du pays. Les manifestations avaient abouti au retrait du texte. En France, le mouvement, qui se veut apolitique, cherche avant tout, en cessant de consommer et/ou de travailler, à « marquer la nécessité de la participation des immigrés à la vie de la cité ». L’impact médiatique  est infiniment plus discret que ce qui avait été constaté aux Etats-Unis.

Il faut bien admettre qu’en réalité, l’apport des immigrés n’a jamais été mesuré. A la différence d’autres pays, comme la Grande-Bretagne ou l’Espagne, la France n’a jamais cherché à connaître l’impact de l’immigration sur son économie. Les immigrés occupent pourtant une part non négligeable dans la population active. Selon les dernières données tirées du recensement par l’Insee, en 2007, 2,4 millions d’immigrés résidant en France métropolitaine déclaraient travailler ou se trouver au chômage : ils représentaient 8,6 % des actifs. http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03346 L’étude substantielle sur les immigrés en France, commence à dater http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/sommaire.asp?id=104&reg_id=0

Si l’on s’en tient à la seule population active occupée (hors chômeurs), leur part se maintient même à un niveau plus élevé : de 10,7 % en 1995, elle s’établissait à 11,3 % en 2007, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). « Cette stabilité de la présence des immigrés dans l’emploi total montre que quelle que soit la conjoncture, on ne s’en passe pas », relève Jean-Pierre Garson, chef de la division des migrations internationales de l’OCDE. Cette stabilité globale masque une situation contrastée selon les secteurs. Mais, contrairement à une idée reçue, les immigrés sont loin de travailler dans les seuls secteurs en déclin que sont l’agriculture ou l’industrie. Leur présence, bien qu’en recul, reste forte dans la construction. Elle l’est cependant plus encore et tend à croître dans les services. Comme le reste de la population en emploi, les immigrés travaillent désormais majoritairement dans le tertiaire. Dans certaines activités, comme les services domestiques et l’hôtellerie-restauration, ils représentent même plus de 20 % de la main-d’oeuvre.

leur nombre est important et progresse dans des secteurs plus qualifiés, tels l’informatique (17,4 %) ou les services aux entreprises (16,5 %). Les immigrés accompagnent ainsi l’évolution de l’appareil productif de l’industrie vers les services. « Ils ne constituent pas qu’une main-d’oeuvre non substituable et confinée à deux ou trois secteurs. Ils sont une force de travail complémentaire à la main-d’oeuvre nationale », insiste M. Garson. Leur part dans la création nette d’emplois tend d’ailleurs croître. De 13 % en moyenne entre 1997-2007, celle-ci a connu un renforcement marqué sur la seconde moitié de cette décennie, s’élevant à 40 %, selon l’OCDE. Bien que non négligeable, la contribution des immigrés à la création nette d’emplois en France reste néanmoins inférieure à ce qu’elle est notamment au Royaume-Uni, en Espagne, ou encore en Italie, pays qui ont connu sur la même période des flux migratoires à des fins d’emploi nettement plus forts. « L’apport des immigrés dépend étroitement de la structure de l’emploi et de l’intensité de l’activité du pays. Or, en France, le marché du travail n’est pas très porteur. Et surtout les réserves de main-d’oeuvre sont encore importantes, en particulier parmi les jeunes et les femmes », explique M. Garson. Si, partout, les immigrés, plus vulnérables, jouent un rôle d’amortisseur en temps de crise, ils viennent dans d’autres pays davantage renforcer la croissance qu’en France. « C’est là, dit M. Garson, une leçon à retenir dans la perspective de la reprise et du rôle déterminant que peuvent y jouer les travailleurs immigrés. »

Résumé de l’étude de l’OCDE http://www.oecd.org/dataoecd/5/4/41681278.pdf

Recommandations de l’OCDE http://www.oecd.org/dataoecd/61/41/41708177.pdf

Base de données de l’OCDE sur les immigrés http://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=DIOC_LFS&Lang=fr

Adeline Silva Pereira

Après avoir effectué la deuxième année du master Sécurité Globale analyste politique trilingue à l'Université de Bordeaux, j'effectue un stage au sein d'EU Logos afin de pouvoir mettre en pratique mes compétences d'analyste concernant l'actualité européenne sur la défense, la sécurité et plus largement la coopération judiciaire et policière.

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