Identités nationales identité européenne : le ministre français de l’immigration et de l’identité nationale, Eric Besson annonce la tenue d’un colloque le 8 avril prochain. Il fait le point sur la transposition des trois directives européennes sur l’immigration et répond dans le journal le Monde aux questions sur sa politique en matière d’immigration

Dans un entretien donné au journal le Monde du 7-8 mars , le ministre Eric Besson a indiqué qu’il animerai , le 8 avril, un colloque intitulé « Identités nationales, identité européenne » avec des ministres et intellectuels européens. Avant l’été, un deuxième séminaire gouvernemental se tiendra pour arrêter de nouvelles mesures. Le débat sur l’identité nationale est légitime. Les Français se vivent comme des héritiers, avec une langue, des valeurs, un art de vivre, et s’interrogent sur le devenir de leur « modèle ». Il est bon qu’ils s’expriment, a-t-il indiqué.


Question : « Vous allez présenter un nouveau projet de loi sur l’immigration – le cinquième en six ans. Pourquoi durcir la législation ? »

Réponse : « Remettons les choses à l’endroit. La France reste une terre d’accueil de l’immigration légale. 170 000 étrangers sont entrés au titre du long séjour sur notre territoire en 2009. Quant au projet de loi, en cours d’analyse par le Conseil d’Etat, il correspond d’une part à des mesures en faveur de l’intégration, issues de la première phase du grand débat sur l’identité nationale, et, d’autre part, à la transposition des trois directives européennes sur l’immigration adoptées avec les voix des socialistes espagnols, des sociaux-démocrates allemands et des travaillistes anglais. Le présenter comme liberticide est faux. Nous restons dans un parfait équilibre des droits et devoirs. »

Question : « Votre prédécesseur s’était engagé à maintenir les délais maximums de rétention à 32 jours. Pourquoi les relever à 45 jours ? Parce que les pays d’origine des migrants nous demandent ce délai pour pouvoir vérifier s’il s’agit bien de leurs ressortissants. »

Réponse : «  La France est le pays qui a les délais de rétention administrative les plus courts en Europe, et le restera. Et nos procédures sont très protectrices des libertés individuelles. »

Commentaires de Nea say : quant au colloque sur l’identité européenne, peut-être sera-t-il utile de rappeler au ministre l’acte fondateur que constitue la déclaration du sommet de Copenhague du 14 décembre 1973 sur l’identité européenne dans le cadre de ce que l’on appelait alors « la coopération politique ». Invitons à la relecture de cette déclaration http://www.european-mediaculture.org/fileadmin/bibliothek/francais/cee_declaration/EU_declaration.pdf

Les enseignements qu’on peut en tirer sont précieux. La date : l’année 1973 est la première année du premier élargissement de l’Union européenne (Royaume-Uni, Danemark, Irlande) c’est l’année que Henry Kissinger avait déclaré, non sans de multiples arrières pensées sur le partnership, comme devant être » l’année de l’Europe », enfin l’Europe est confrontée à une très grave crise énergétique en matière d’approvisionnement en pétrole suit à la guerre israélo-arabe de l’automne et l’Europe doit s’engager dans un premier exercice de diplomatie collective et lancer le dialogue euro-arabe. Cette déclaration sur l’identité européenne recèle un autre enseignement : cette première déclaration sur l’identité européenne est d’abord la première déclaration sur une politique étrangère de l’Europe, d’ailleurs elle se fait dans le cadre de la coopération politique. C’est-dire que identité européenne et politique étrangère sont intimement liées ! Nous avons besoin, nous européens, de savoir qui nous sommes pour mille raisons et aussi pour mener une authentique politique étrangère. Mais nos partenaires ont besoin, eux aussi,  de savoir qui nous sommes réellement, pour entrer en relations et négociations avec nous. La leçon doit être retenue et le colloque à cet égard aura toute son utilité s’il assure cette prise de conscience .

Adeline Silva Pereira

Après avoir effectué la deuxième année du master Sécurité Globale analyste politique trilingue à l'Université de Bordeaux, j'effectue un stage au sein d'EU Logos afin de pouvoir mettre en pratique mes compétences d'analyste concernant l'actualité européenne sur la défense, la sécurité et plus largement la coopération judiciaire et policière.

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