ROMS : la France expulse, expulse encore, mais le problème n’est toujours pas réglé. La Commissaire européenne Viviane Reding campe sur ses positions.

       Environ 150 Roumains de l’agglomération lyonnaise, ayant accepté « l’aide au retour » proposée par l’Etat français, ont été reconduits mardi 20 septembre à Bucarest à bord d’un charter qui a décollé de l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, ont indiqué des associations de soutien. Ces dernières, présentes au départ des cars ayant transporté les Roms, ont dénoncé « des expulsions déguisées ». Trois mois après les conclusions du Conseil européen, les bonnes paroles prononcées alors  et les engagements souscrits sont oubliés.

« On est contre ces charters car la plupart de ces gens arrivés en France depuis peu, touchent la somme de l’Etat et reviennent aussitôt », a déclaré Jacques Dumortier, vice-président de la ligue des droits de l’homme du Rhône. « Ils seront de retour d’ici une semaine ou même avant. Cette méthode permet de faire du chiffre, mais n’apporte aucune solution aux Roms du Grand Lyon », a-t-il ajouté. Cette aide de l’Etat consiste en une prime de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfants pour les personnes s’engageant à regagner leur pays. La semaine dernière, plus de 400 Roms avaient déjà été expulsés de différents camps de fortune et squats qu’ils occupaient dans l’agglomération lyonnaise.

A Marseille, une quarantaine de Roms ont été évacués mardi d’un terrain privé du quartier de la Capelette, dans le Xe arrondissement, a-t-on appris auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Lors de l’intervention, 30 adultes et 10 enfants étaient présents sur le site. Les forces de l’ordre sont intervenues en application d’une décision de justice, précise-t-on de même source. Des propositions de relogement ont été faites aux familles dans le cadre du samu social. Selon les militants associatifs locaux, le campement sauvage était occupé depuis près d’un an par une centaine de Roms. Les baraquements de fortune ont été entièrement détruits.

La « dame de fer » Viviane Reding, un an après l’affaire des Roms, a confirmé sa détermination lors d’un passage à Paris ( conférence à Sciences-Po Paris) : ses services surveilleront l’application du plan du gouvernement français contre la délinquance roumaine. Selon son expression, elle continuera « à défendre les droits des citoyens européens » . Elle continuera à analyser la mise en application des mesures prévues, car, a-t-elle ajouté, si « chaque Etat peut lutter contre la criminalité, il ne peut stigmatiser une population (…) et je peux en tant que commissaire européenne prendre des mesures s’il ne respecte pas le droit européen ». Elle estime cependant que depuis la polémique de l’an dernier, « la France est beaucoup plus prudente dans sa façon de faire et de dire »…. Le dire a une grande importance et dans les condamnations, par exemple en provenance du Parlement européen, c’est plus le dire (condamnation de la rhétorique française pour reprendre l’expression de la résolution du Parlement européen) que le faire qui était visé.

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