2013 : La Journée mondiale de la liberté de la presse (JMLP) célèbre son 20e anniversaire.

Depuis 1993, l’UNESCO s’emploie à promouvoir ces droits fondamentaux dans toutes les régions du monde. Sa mission est celle de faciliter « le libre échange des idées et des connaissances » et « la libre circulation des idées, par le mot et par l’image ». Afin de promouvoir ces objectifs, la Journée mondiale de la liberté de la presse est commémorée à travers le monde le 3 mai de chaque année. Elle s’est révélée un instrument très efficace de sensibilisation à l’importance de la liberté d’expression et de la presse.

 Le 3 mai 2013, la Journée mondiale de la liberté de la presse a célébré son vingtième anniversaire. C’est en 1993, en effet, qu’elle a été officiellement proclamée pour la première fois par l’Assemblée générale des Nations Unies. En tant qu’institution de l’ONU mandatée pour défendre la liberté d’expression et son corollaire, la liberté de la presse, l’UNESCO s’emploie depuis cette date à promouvoir ces droits fondamentaux dans toutes les régions du monde. L’Organisation a pour mission de faciliter « le libre échange des idées et des connaissances » et « la libre circulation des idées, par le mot et par l’image ». Afin de promouvoir ces nobles objectifs, la Journée mondiale de la liberté de la presse est commémorée à travers le monde le 3 mai de chaque année et elle s’est révélée un instrument efficace de sensibilisation à l’importance de la liberté d’expression et de la liberté de la presse.

Comme le stipule clairement la Déclaration de Windhoek, adoptée à cette réunion et entérinée la même année par la Conférence générale de l’UNESCO, il ne peut y avoir de liberté de la presse sans un environnement médiatique libre, indépendant et pluraliste. Selon cette déclaration, le paysage médiatique doit être libre de tout contrôle gouvernemental, politique ou économique, y compris s’agissant des infrastructures indispensables à l’exercice du journalisme. En insistant sur son caractère indépendant, la Déclaration souligne l’importance « des normes professionnelles et de l’intérêt public, seuls habilités à déterminer le contenu des médias ». Elle précise aussi ce qu’elle entend par environnement médiatique pluraliste : « l’absence de monopoles médiatiques (publics ou privés) et l’existence du plus grand nombre possible de plateformes médiatiques (ce qui inclut la reconnaissance des médias communautaires) ».

 Il est clair, aujourd’hui, que la construction d’une culture de soutien à la liberté de la presse est un processus généralement long, qui peut être contrasté par des forces négatives qui prennent le contrôle d’un pays. Mais les changements intervenus dans bien des pays, comme dans ceux du Printemps arabe, ou au Myanmar et au Soudan du Sud, font renaître les espoirs de progrès. Des décennies de régimes politiques défavorables à la liberté de la presse font place à un nouvel environnement très prometteur.

Un événement majeur, dans le cadre de cette coopération internationale en faveur de la liberté de la presse, est le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, entériné l’an dernier par les chefs de secrétariat de l’ensemble des organisations des Nations Unies. Face à cette situation générale de la liberté de la presse, la JMLP 2013 a pris pour thème « Parler sans crainte : assurer la liberté d’expression dans tous les médias » et mis l’accent sur la question de la sécurité des journalistes, de la lutte contre l’impunité des crimes commis contre la liberté d’expression, et de la nécessité d’assurer un Internet libre et ouvert comme condition préalable à la sécurité en ligne.

Un environnement médiatique libre, indépendant et pluraliste, en ligne et hors ligne, est un environnement dans lequel les journalistes, les professionnels des médias et les producteurs des médias sociaux ont la possibilité d’exercer leur activité en toute sécurité et de manière indépendante sans craindre d’être menacés, et a fortiori assassinés. C’est un environnement dans lequel les attaques, les intimidations, les enlèvements, les emprisonnements arbitraires et les menaces sont l’exception, et non la norme. Les journalistes professionnels (tout comme les journalistes citoyens), les rédacteurs en chef, les éditeurs et les intermédiaires en ligne, tous autant qu’ils sont, ne doivent pas faire l’objet de pressions ou de manipulations politiques ou financières. Ils doivent, en particulier, être protégés contre toute menace pouvant mettre en danger leur sécurité personnelle et celle de leurs familles.

La sécurité des journalistes et des professionnels des médias est une affaire urgente. Plus de 600 journalistes et professionnels des médias ont été assassinés au cours des dix dernières années. Cela signifie que chaque semaine, un journaliste décède pour avoir tenté d’informer le public. Ces chiffres soulignent la pertinence du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, et, en particulier, celle de l’objectif visant à mobiliser la famille des organisations de l’ONU, ainsi que d’autres parties prenantes ‒ États membres des Nations Unies, organismes régionaux de défense des droits de l’homme, ONG et organes de presse ‒ afin qu’ils s’emploient ensemble à créer un environnement plus sûr pour les journalistes.

Selon le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, les journalistes « sont des individus qui observent et décrivent des faits, consignent et analysent des événements, des déclarations, des politiques et toute proposition susceptible d’avoir des répercussions sur la société, l’objectif étant de systématiser ces informations et de rassembler faits et analyses pour éclairer un secteur de la société ou la société dans son ensemble ». Selon le même rapport, cette définition du journaliste englobe tous les professionnels des médias et les personnels de soutien, ainsi que les acteurs des médias communautaires et ceux que l’on nomme les « journalistes citoyens », lorsqu’ils remplissent ce rôle.

La quantité d’information qui peut être diffusée et stockée en ligne a augmenté avec la numérisation. Les journalistes ont désormais besoin d’être spécialement équipés pour pouvoir assurer une meilleure protection de leurs documents d’information électroniques, notamment l’identité de leurs sources. Des journalistes ont vu leurs téléphones mobiles et leurs ordinateurs confisqués, et leurs comptes de messagerie soumis à une surveillance illégale et au piratage. Les sites Internet de certains médias ont été désactivés par des attaques ou volontairement infectés par des virus de type « cheval de Troie ». De plus en plus, les journalistes doivent savoir comment protéger leurs données importantes et sensibles. La question de la sécurité en ligne ne concerne cependant pas que le blogueur individuel ou le journaliste professionnel. Toute restriction de la liberté d’expression ne devrait être prise qu’à titre exceptionnel, être dûment fixée par la loi, justifiée par un objectif légitime et démontrée comme une nécessité réelle, et rester la plus limitée possible.

Il devrait toujours exister des espaces où les individus puissent accéder à des informations fiables et exprimer leurs opinions librement. Comme on l’a souligné plusieurs fois au cours de la JMLP, « la liberté, l’indépendance et le pluralisme des médias constituent le meilleur socle au développement d’une sphère publique dans laquelle les citoyens décident en connaissance de cause. Il convient pour cela d’assurer la sécurité de leurs praticiens, en ligne et hors ligne. En cas d’attaques à leur encontre, une enquête devrait être menée sans délai et les auteurs rapidement traduits devant la justice afin d’éviter de tomber dans le cercle vicieux de l’impunité ». La JMLP 2013 nous offre une occasion de nous rapprocher de ces principes de base.

 En Europe la situation n’est pas une des meilleures : on peut remarquer un déclin important de la liberté de la presse dans quelques États membres de l’UE.

Selon Freedom House, qui classe 196 pays dans le monde, la Hongrie a perdu 16 positions et occupe maintenant la 56e place ; le rapport de la liberté de la presse affirme que « la législation répressive du pays influence considérablement la profession journalistique et l’environnement où elle est pratiquée ». Les choses ne vont pas mieux en Grèce, qui aujourd’hui se place à la 84e position, après en avoir perdu 14. Le rapport indique que dans ce pays « les journalistes travaillent dans des conditions sociales et professionnelles catastrophiques et ils sont exposés au mécontentement populaire. Les travailleurs des médias sont également confrontés au risque de représailles violentes par le Parti néo-nazi ».

Quant à la Bulgarie, elle se classe désormais à la 87e place. La Commission européenne a critiqué beaucoup de fois la concentration excessive des médias en Bulgarie. Le pays se trouve au milieu d’un scandale sans précédent en ce qui concerne les écoutes illégales : c’est ce qu’on a appelé le « Watergate bulgare ». Selon les rapports que l’on a commencé à recevoir, de nombreux journalistes ont été mis illégalement sous écoute téléphonique. En tout cas, le pays européen occupant la dernière position (88e) est la Roumanie – mais il faut remarquer que le pays a quand même avancé par rapport à l’année précédente, lorsqu’il occupait la 92e place.

 Dunja Mjatovic, représentante OSCE de la liberté des médias a affirmé lors d’une réunion : « je demande à tous les États faisant partie de l’OSCE, de prendre des mesures concrètes pour défendre la liberté des médias. Nous devons permettre que chaque membre des médias, en ligne et hors ligne, soit capable de travailler sans violence et intimidation. La sécurité est une condition essentielle de la liberté d’expression et des médias libres ».

Mijatovic a ensuite souligné l’engagement de l’OSCE pour la liberté d’expression et des médias libres et a déclaré enfin qu’un effort conjoint était nécessaire pour arrêter l’augmentation du nombre d’emprisonnements, de détentions de journalistes qui ont perdu la vie.

« Nous – les organisations internationales, les gouvernements, les ONG, les journalistes et la société – nous avons l’obligation d’agir. Et nous devons agir maintenant, parce qu’il n’y a pas de temps pour attendre », a-t-elle déclaré. « Il s’agit d’une question urgente, pas seulement pour la région de l’OSCE, mais en général ».

 

 

Maria Amoroso

 

 

 

Pour en savoir plus :

 –       UNESCO World Press Freedom Day 2013 – Concept Note

           (EN) http://www.unesco.org/new/fileadmin/MULTIMEDIA/HQ/CI/CI/pdf/WPFD/concept_note_wpfd_2013_en.pdf            (FR) http://www.unesco.org/new/fileadmin/MULTIMEDIA/HQ/CI/CI/pdf/WPFD/concept_note_wpfd_2013_fr.pdf

 –       OSCE

(EN)http://www.osce.org/fom/101257

 

 

Adeline Silva Pereira

Après avoir effectué la deuxième année du master Sécurité Globale analyste politique trilingue à l'Université de Bordeaux, j'effectue un stage au sein d'EU Logos afin de pouvoir mettre en pratique mes compétences d'analyste concernant l'actualité européenne sur la défense, la sécurité et plus largement la coopération judiciaire et policière.

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