Immigration et Santé publique : les ministres européens de la santé se sont penchés sur ce défi qui nous concerne tous.

Pour les ministres , la santé des migrants est devenue un défi particulier pour l’Union européenne avec une pression migratoire qui augmente et un besoin de plus en plus important de la population en matière de soins de santé de base.

L’Union européenne a entamée une réflexion qu’elle veut approfondie après divers incidents dramatiques et la présidence grecque a voulu mettre l’accent sur les problèmes sanitaire engendrés par l’immigration et sur les réponses que peuvent et doivent apporter les Etats membres. Elle veut attirer l’attention de tous les Etats membres sur l’importance d’approfondir  la coopération et transmettre un message de solidarité. En effet « l’immigration ne peut pas être un fardeau porté par un seul ou quelques pays. C’est un problème d’envergure européenne » a souligné le ministre grec de la santé, Spiridon Adonis Giorgiadis.

« Nous avons des obligations légales envers les réfugiés. Et si la plupart des immigrés sont en bonne santé, nous devons aussi protéger nos citoyens. A déclaré de son côté le commissaire en charge de la santé, Tonio Borg. Le commissaire préconise davantage de coopération pour identifier plus précisément les besoins de migrants en matière de santé et selon leur origine. « Ce que nous essayons de faire c’est d’établir des lignes directrices afin de définir quels groupes de migrants devraient passer une visite médicale et quand,sur la base de leur pays d’origine. Nous ne considérons pas les migrants comme des vecteurs de maladie, mais nous devons nous assurer que des maladies du passé ne réapparaissent plus »a souligné Tonio Borg.

La population immigrée est en effet davantage exposée à certaines maladies infectieuses comme me diabète, la tuberculeuse et le sida et certaines franges de la population comme les femmes et les enfants sont particulièrement fragilisés. Afin de faire face à ces défis et de répondre le plus précisément possible aux besoin sanitaires des populations immigrées, les Etats membres mettent en place des actions qui peuvent varier fortement. Il n’existe actuellement aucune liste commune des maladies à surveiller particulièrement et en priorité, même si la tuberculose est soumise à une surveillance particulière. La Commission a créé par ailleurs un nouveau fonds de 3 milliards d’euros afin d’aider les Etats membres à finance des projets relatifs à l’amélioration de la santé des migrants. Ce fonds, a-t-il souligné,n’interviendra pas seulement pour améliorer les infrastructures, mais il aura un impact direct sur la prise en charge de la santé des migrants.

Le Commissaire a souligné, concernant les migrants, que « nous ne devons pas les traiter comme une maladie, mais traiter les maladies des migrants », en notant, en particulier, le potentiel du nouveau Fonds d’asile, de migration et d’intégration. Il a en outre remercié le ministre grec de son soutien à la proposition de la Commission européenne pour un accord d’approvisionnement commun des vaccins.

Henri-Pierre Legros

Pour en savoir plus :

– e-health :better resource allocation for better health care across Europe : EN

– e-Health Action Plan 2014-2020: EN

– Informal Meeting ministers, employment, social policy and health: EN

– Health Forum (12-14 May): EN 

 

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