Des femmes dans le la direction des grandes entreprises ! demande la Commission européenne. « On en a besoin, et maintenant ! » (Viviane Reding)

Les firmes européennes ont un an pour placer plus de femmes à leurs postes de direction. À défaut, la Commission européenne proposera des quotas européens. « Ne parlons pas de féminisme, mais d’économie ! » : la commissaire européenne à la justice, Viviane Reding, a mis les patrons d’entreprises cotées en bourse en Europe au défi d’« accroître sensiblement » la présence des femmes dans leur conseil d’administration. En cas de déception l’an prochain, elle n’hésitera pas à proposer de légiférer pour imposer des quotas.

 Mme Reding tient les engagements pris devant le Parlement européen lors de son audition de confirmation (cf. Nea Say)

Le compte à rebours a été lancé mardi 1er mars avec la visite à Bruxelles de quinze chefs d’entreprise, dont le chimiste BASF, le parfumeur Guerlain ou encore la banque Dexia, ou la grande chaîne de magasin Delhaize. (Pour consulter la liste des invités cf ; infra le communiqué de presse) « Je préférerais ne pas avoir à agir. Mais quand on voit le peu de progrès réalisés sur les sept dernières années, on aura besoin de 50 ans pour voir une différence ! » .

Ses objectifs sont clairs : « Nous voulons 30 % de femmes au sein des conseils d’administration des entreprises européennes cotées en bourse en 2015 et 40 % en 2020 », indique la commissaire. Pourquoi ces chiffres ? « Car il faut avoir un nombre suffisant de femmes pour que les mentalités et les méthodes changent. »

D’ici un an, les firmes européennes sont donc invitées à signer une déclaration les engageant à atteindre ces chiffres. Sinon, la Commission a les moyens juridiques pour proposer des quotas. L’Europe profiterait ainsi d’une tendance perceptible dans plusieurs pays : la Norvège (qui n’est pas dans l’UE) a déjà opté pour une loi sur des quotas, la France et l’Espagne sont sur la voie, et le débat est lancé aux Pays-Bas, en Italie et en Belgique. « Toutes les études le confirment, y compris celles réalisées par de grandes entreprises, comme Deutsche Bank : plus il y a de femmes décisionnaires, plus les entreprises font des bénéfices. Elles profitent d’une atmosphère plus saine, plus constructive », argumente Viviane Reding. « On a besoin de ces femmes, et maintenant ! »

Jusqu’ici, les hommes ont appuyé sur la pédale de frein. Mais avec le vieillissement en Europe, la crise et le manque de spécialistes, « on ne peut plus tergiverser, on a besoin de ces femmes, et maintenant ! ». D’autant que 60 % des diplômés d’universités sont des femmes. « Je dis toujours que s’il y avait eu Lehman Sisters et pas Lehman Brothers, on n’en serait pas arrivés à ce niveau de crise financière et économique mondiale », ajoute la commissaire, au meilleure de sa forme.

Pour l’heure, l’Europe compte 12 % de femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées, contre 15 % aux États-Unis, 8 % au Brésil, 7 % en Chine et 1,5 % au Japon, selon la Commission. Les écarts entre les Vingt-Sept restent importants. En Suède et en Finlande, deux pays ayant adopté des codes ou chartes, on monte à 26 %, contre 2 % à Malte. Mais quand on regarde le nombre de femmes PDG dans toute l’UE… on tombe à 3 %.

Les partenaires sociaux présents étaient : Busines Europe (patronat), Conféderation européenne des syndicats (CES), UEAPME (artisanat et petites et moyennes entreprises) Association européenne des femmes juristes, Réseau européen de femmes professionnelles, Lobby européen des femmes.

Texte du communiqué de presse (FR) http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/11/242&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=fr

  (EN) http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/11/242&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=fr

 

Pour en savoir plus :

      -.Rapport sur l’égalité hommes :femmes et la direction des entreprises:

http://ec.europa.eu/social/BlobServlet?docId=6562&langId=en

 

      -.Base de données sur les femmes et les hommes dans la prise de décision:

http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=764&langId=fr

 

       -.L’égalité entre les femmes et les hommes dans l’UE:

http://ec.europa.eu/social/main.jsp?langId=fr&catId=418

 

Adeline Silva Pereira

Après avoir effectué la deuxième année du master Sécurité Globale analyste politique trilingue à l'Université de Bordeaux, j'effectue un stage au sein d'EU Logos afin de pouvoir mettre en pratique mes compétences d'analyste concernant l'actualité européenne sur la défense, la sécurité et plus largement la coopération judiciaire et policière.

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