Danemark : la réconciliation vers une nouvelle lune de miel ? Des annonces à un moment crucial pour l’Europe et à la veille de la présidence danoise ;

L’élément le plus spectaculaire réside dans le renoncement aux contrôles permanents aux frontières, mesures extravagantes qui ont contribué à alimenter l’anti-Schengen et tous les détricotages imaginables (et l’imagination est fertile en la matière) de l’Union européenne. Y mettre fin est en soi une bonne chose et que ce soit le tout nouveau chef du gouvernement , Helle Thorning Schmidt, qui l’annonce (le 3 octobre) peut laisser augurer d’autres annonces positives. Le Danemark allait, annonçait la première ministre,  combattre désormais « efficacement le crime transfrontalier dans le cadre de la coopération Schengen ». Voilà qui est infiniment plus raisonnable.

Un bref retour en arrière : en mai dernier, le gouvernement conservateur de Lard Loekke Rasmussen, sous la pression de son allié populiste, avait annoncé le rétablissement en trois phases des contrôles douaniers permanents au niveau de ses frontières avec l’Allemagne et la Suède( plus de douaniers, construction d’infrastructures de contrôle en dur)d’où une polémique dure avec la Commission européenne mais aussi l’Allemagne. Le 13 mai le Président Barroso adressait une lettre au premier  ministre danois de quasi mise en demeure  en tout cas une mise en garde quant à l’atteinte  que pourraient constituer ces contrôles aux principes de libre circulation des personnes et des marchandises.. Cet échange, intense, de courriers s’est poursuivi, la Commission envoyant en juillet une mission d’experts sur le terrain à l’issue de laquelle la Commission a exprimé de sérieux doutes sur la légitimité des mesures danoises.

« En coopération avec nos voisins, le Danemark va mener un contrôle efficace des frontières avec l’aide d’unités mobiles, conformément aux règles de l’Union européenne (…) le projet de mai 2011 sur la construction de nouveau postes permanents de contrôle aux frontières danoises, ne sera pas mené à bien. »a déclaré la première ministre .

Une déclaration accueillie avec beaucoup de satisfaction par la commissaire responsable, Cecilia Malmström et le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle. A son tour le président Barroso accueillant la première ministre danoise s’est félicité de cette heureuse décision  et a rappelé que ces contrôles aux frontières annoncé par l’ancien gouvernement à la veille des élections législatives a été un sujet qui lui a causé beaucoup d’inquiétudes, que la décision s’inscrit dans la tradition d’ouverture danoise et qu’on pouvait mettre tout cela derrière soi. Helle Thorning-Schmidt a tenu à souligner que renoncer à ces contrôles douaniers renforcés ne signifiait pas « que l’on ne veut pas lutter contre le crime (…) mais nous voulons le faire mieux en coopérant avec nos voisins, notamment allemands ».

Mais ce n’était pas la seule annonce : son gouvernement organisera un référendum sur la participation (opt-in) du Danemark aux politiques dans la domaine de la justice et des affaires intérieures de l’UE portant par exemple sur la lutte contre le crime organisé, le trafic de drogues, ou la lutte contre l’immigration illégale. Un véritable petit tremblement de terre qui vient conforter des politiques fortement contestées dès leur lancement par le Danemark. Un bon exemple qui incitera, on peut le souhaiter, les récalcitrants avoués ou cachés à marcher d’un meilleur pas. Cecilia Malmström ne s’y est pas trompé et a déclaré immédiatement que « cela  représentait un développement important,permettant au  Danemark de prendre part directement à des décisions importantes pour l’UE ». La démonstration avait été faite de l’inanité de tels comportements.

Cette prise de position intervient au bon moment : le Danemark assumera le 1er janvier prochain la présidence du Conseil. Bien plus, le Danemark chercherait à supprimer l’opt-out sur la défense pour pouvoir participer aux missions PESC de l’UE. Le Danemark n’a pas annoncé un référendum sur l’Euro, mais ne boudons pas notre plaisir : il ne faut pas rêver. « Le fait que le Danemark annonce qu’il allait examiner ces opt-out montre la détermination du pays à l’égard de l’Europe » a commenté le président BarrosoIl estime que c’est mieux de tenir ces référendums sur les clauses d’exemption après la présidence danoise, car durant le premier semestre 2012, ce lui de la présidence danoise les sujets  en haut de l’agenda danois ne manqueront pas : le Danemark participe au « Pacte pour l’Euro plus » un ensemble d’engagements politiques grâce auxquels les pays membres de la zone euro et les pays associés comme le Danemark espèrent garantir la compétitivité et la convergence de leur économie, c’est aussi le semestre européen pendant lequel les projets de budgets nationaux sont examinés en commun, c’est aussi la période pendant laquelle le cadre financier pluriannuel, pour lequel  la présidence danoise voudra jouer son rôle, commencera à prendre forme.

 

 

 

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