Hommage à l’Homme parmi les hommes, Nelson Mandela

Alors que les hommages, multiples, s’enchaînent les uns après les autres, se faisant concurrence dans les  mots, la pointe d’esprit ou le petit point de détail biographique qui fait mouche, les faits sont là : Nelson Mandela s’est éteint en cette année 2013. On avait entendu le pessimisme quant à son état de santé, on s’était ému face aux déclarations de la famille, des amis et compagnons de route… bref on aurait pu y être préparé. Mais l’année 2013, pour le peu de ce qui lui restait de joli, ne pouvait décemment pas laisser partir celui qui rendait nos espoirs plus fleuris.

 Pourtant, il faut s’y résigner, Madiba s’est éteint. Il s’est éteint pour ceux qui, ne connaissant pas son histoire ont pu , ne serait-ce qu’au moins  un jour, relever son nom dans leur livre d’Histoire. Car la majuscule est importante : cet homme ne s’est point contenté de l’être au même titre que l’homme d’a côté, il est devenu l’Homme, celui dont la grandeur de la première lettre lui donne la hauteur qui le rapproche des divinités dans  lesquelles on se plaît à croire. Que l’on ait sa biographie comme livre de chevet ou comme livre d’appoint, chacun sait, comme l’intuition qui pousse l’enfant à se mettre sur ses jambes que Mandela a poussé l’Afrique du Sud à se relever. Certains diront que c’était un grand homme au même titre que bien d’autres, mais c’est surtout parce qu’il a été un grand homme à l’inverse de bien d’autres qu’il faut le louer. On savait l’année 2013 bien noire par les Noirs dont le regard ne cesse de se noircir. Intolérance, racisme, xénophobie, nous retombons dans les vices qui ont par le passé créé tant de malheur.

 De l’Homme récompensé justement de sa majuscule, il nous reste le symbole. Il nous rappelle  que dans un monde qui cause notre peine et en même temps notre perte, un individu peut devenir l’individu unique, celui là même qui a été la source du changement. Difficile de nous lamenter sur notre quotidien quand on apprend quel fût le sien : si la rancoeur n’est guère source de bonheur, peut être avons-nous oublié comment nous consoler de nos malheurs. Or lui, la rancœur, il n’en a pas conservé la moindre trace : à tous, il a tout pardonné. Il nous propose la réconciliation comme un mode vie de tous les instants, dans la réflexion et dans l’action.

 Mandela partage avec l’Union européenne son prix Nobel de la paix. L’Union européenne a la chance de perdurer là où les grands Hommes de notre Histoire ne peuvent désormais, que de là-haut nous contempler et nous guider par le souvenir. S’il a su, à un moment de sa vie, refuser la liberté retrouvée au nom de ses convictions, de son côté l’Union européenne doit savoir refuser d’isoler la liberté, la fraternité  au nom d’intéressantes transactions.

 Madiba s’est éteint, mais s’est ravivée la flamme d’espoirs en des jours meilleurs pour des millions d’hommes rêvant, un jour ,eux aussi , de devenir l’Homme. Madiba s’est éteint, mais il reste le symbole vivant à la fois de la lutte contre le racisme, l’oppression et l’intolérance, l’image incarnée du pardon et de la réconciliation, la grandeur d’âme et le courage inébranlable.

 

 Eulogos- Athéna

 

 

 

 

 

 

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