L’opinion sur l’immigration presque inchangée malgré la crise

La crise économique mondiale n’a eu que peu de conséquences sur les opinions publiques des pays occidentaux envers l’immigration, révèle un sondage du German Marshall Fund. L’enquête, publiée jeudi, a été réalisée aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en France, en Espagne, en Italie et aux Pays-Bas.

Dans ces huit pays, l’économie reste le sujet le plus préoccupant, mais l’immigration arrive en deuxième position en Grande-Bretagne et en Italie. La moitié des personnes interrogées dans le cadre de cette enquête supervisée par le German Marshall Fund, un groupe de réflexion américain, considèrent que l’immigration est plus un problème qu’une opportunité. Les sondés de cet avis étaient un peu moins nombreux l’an dernier. « La crise économique n’a pas eu beaucoup d’effet sur le comportement moyen », observent les auteurs de l’étude. L’inquiétude au sujet de l’immigration n’a que légèrement progressé dans les pays dont la situation économique s’est dégradée l’an dernier. Cette faible progression tient peut-être au fait que la crise a brutalement ralenti les flux migratoires, avance le groupe de réflexion. Elle est toutefois beaucoup plus importante parmi les sondés qui se disent proches du centre-droit.

Cependant, l’enquête montre de fortes disparités suivant les pays. Français et Allemands souhaitent majoritairement laisser aux clandestins la possibilité de régulariser leur situation, alors que l’opinion contraire l’emporte en Grande-Bretagne et en Italie. Les mêmes disparités apparaissent dans l’appréciation de l’action gouvernementale face à l’immigration. La plupart des Américains, des Espagnols et des Italiens la désapprouvent, tandis qu’une majorité d’Allemands, de Canadiens et de Néerlandais en sont satisfaits, tout comme 50% des Français.

L’Organisation internationale des migrations évalue à 214 millions le nombre d’immigrés dans le monde, ce qui représente 3% de la population totale. « L’immigration est l’un des faits majeurs du XXIe siècle souligne l’OMI. Il s’agit désormais d’une composante essentielle, inéluctable et potentiellement bénéfique de la vie économique et sociale de chaque pays et de chaque région », lit-on sur son site internet. Jacques Delors vient de le réaffirmer fortement à l’occasion de la célébration du vingtième anniversaire de la Charte sociale européenne.

L’Italie, qui a enregistré l’an dernier une hausse de 75% des arrivées par rapport à 2007, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, s’est lancée dans une opération de lutte contre l’immigration clandestine et la Grande-Bretagne a durci les contrôles dans les ports français, tout comme les Etats-Unis à la frontière mexicaine.

En France, en Espagne et en Italie, les trois pays méditerranéens concernés par l’enquête, une majorité juge les mesures d’aide au développement plus indiquées que le renforcement des contrôles aux frontières.

L’enquêté a été réalisée entre le 1er et le 17 septembre auprès d’un millier de personnes dans chacun des pays. La marge d’erreur est évaluée à 3%.

http://www.transatlantictrends.org/trends/immigration/doc/TTI_2009_Key.pdf

Topline Data http://www.transatlantictrends.org/trends/immigration/doc/TTI_2009_Top.pdf

Press Release  http://www.gmfus.org/press/article.cfm?id=214&parent_type=R

Adeline Silva Pereira

Après avoir effectué la deuxième année du master Sécurité Globale analyste politique trilingue à l'Université de Bordeaux, j'effectue un stage au sein d'EU Logos afin de pouvoir mettre en pratique mes compétences d'analyste concernant l'actualité européenne sur la défense, la sécurité et plus largement la coopération judiciaire et policière.

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