Après la burqa, les minarets suisses et le crucifix dans les écoles italiennes, autre signe religieux et identitaire : le dimanche. En Allemagne il reste sacré confirme la Cour constitutionnelle.

Le travail dominical doit rester l’exception en Allemagne, même à Berlin. Mardi 1er décembre, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a interdit l’ouverture des commerces de la capitale quatre dimanches d’affilée, pendant la période de l’Avent. Les juges ont donné en partie raison aux Eglises protestante et catholique, qui avaient porté plainte pour violation de la Constitution allemande : celle-ci consacre le dimanche comme « un jour de repos et d’élévation spirituelle ».


Pendant près de cinquante ans, la législation sur les horaires d’ouverture des magasins est restée inchangée. Mais en 2006, l’Etat fédéral a laissé aux Länder la liberté de légiférer sur le sujet. Le Sénat de Berlin a alors pris tout le monde de court en permettant aux commerçants d’ouvrir jusqu’à dix dimanches par an, dont les quatre immédiatement avant Noël. Ailleurs, quatre dimanches par an, en moyenne, sont autorisés.
L’initiative berlinoise avait suscité les protestations des Eglises chrétiennes. Elles se sont félicitées du jugement, qui « renforce la culture du jour férié héritée du christianisme de nos sociétés ». La Cour a dit encourager le dimanche chômé pour des raisons d’équilibre personnel et de participation à la vie sociale. Les syndicats ont aussi applaudi. « Sur le principe, nous ne sommes pas favorables au travail dominical », juge Sabine Zimmer, du syndicat de services Ver.di, qui récuse l’argument de l’emploi avancé par des distributeurs : « Une telle réglementation fausse la concurrence en favorisant les grands magasins, qui ont plus de marges de manoeuvre pour les besoins en personnel. » Même la fédération du commerce de détail (HDE) s’est dite rassurée : le travail dominical n’a pas été interdit sur le fond. La Cour a autorisé l’ouverture de magasins plusieurs dimanches consécutifs « pour des raisons d’une importance particulière ». Tout en précisant que la frénésie de consommation à certaines périodes – comme l’Avent – n’est pas un motif « suffisant ». Cette année, Berlin sera épargné. Le jugement ne s’appliquera qu’à partir de 2010.
Le débat en France a pris une tout autre tournure

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