Trafics des êtres humains : un Etat membre del’UE, l’Estonie rejoint Malte et Chypre dans la liste du rapport mondial annuel des Etats-Unis. Le Belarus également dans le colimateur !

L’Estonie et le Bélarus font désormais partie des pays à surveiller pour le trafic d’êtres humains, selon la dernière édition, publiée le 27 juin, d’un rapport annuel de l’administration américaine. Rapport de très grande qualité qui aurait honoré l’UE si elle avait produit un tel rapport de référence ! Que fait l’agence européenne des droits fondamentaux ?Le « Rapport mondial sur le trafic des personnes », un document établi par le département d’Etat, classe ces deux pays d’Europe de l’Est parmi les Etats « à surveiller », ouvrant la voie à de possibles suppressions d’aides.

 

« L’Estonie est un pays d’origine, de transit et de destination pour les femmes soumises à la prostitution forcée, et pour des hommes et des femmes soumis au travail forcé », lit-on dans le document de la diplomatie américaine.

La situation du Bélarus est semblable. Mais tandis que le gouvernement estonien est crédité de certains efforts pour améliorer la situation, celui de Minsk « a relâché ses efforts pour faire respecter la loi », note le document. Dans ces deux pays, la prostitution forcée touche des femmes, mais aussi des enfants.

 

La Russievoisine, l’une des destinations des victimes arrivant d’Estonie et du Bélarus, figure elle-même sur la liste des pays à surveiller pour la huitième année consécutive.

D’après le rapport américain, environ un million de personnes en Russie sont exploitées par des patrons qui leur retirent leurs papiers, les font travailler sans les payer, les brutalisent et les privent de conditions de vie décentes. Les secteurs d’activité les plus concernés sont le bâtiment, l’industrie, l’agriculture et les emplois domestiques. Et en Russie comme au Bélarus, de nombreuses personnes, notamment des enfants, sont forcés à mendier.

 

A noter que l’Estonie rejoint deux autres Etats membres de l’Union européenne –Chypre et Malte– qui figuraient déjà sur la liste des pays à surveiller en matière de traite des personnes.

En tout, 184 pays sont passés en revue dans le rapport américain, et notamment, pour la première fois, les Etats-Unis eux-mêmes.

 

Parmi cette liste, 23 Etats sont considérés comme « n’atteignant pas le niveau minimum » de protection contre la traite et « ne faisant pas d’efforts importants » pour y remédier, constituant la liste noire du rapport. Sept font partie du Maghreb, du Proche et du Moyen-Orient (Algérie, Arabie saoudite, Iran, Koweït, Liban, Libye, Yémen), neuf sont en Afrique (Centrafrique, Erythrée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Madagascar, Mauritanie, RDC, Soudan, Zimbabwe), trois en Asie (Birmanie, Corée du Nord, Turkménistan), deux en Amérique (Cuba et, pour la première fois, le Venezuela), enfin deux en Océanie (Micronésie, Papouasie – Nouvelle-Guinée).

 

Enfin trois Etats –la Côte d’Ivoire, Haïti etla Somalie–sont considérés dans le rapport comme des « cas spéciaux » en raison des crises traversées par eux en 2010.

 

 

 

      -. Lettre (FR) de la Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton accompagnée d’une table des matières et de commentaires (28pages) http://www.state.gov/documents/organization/167345.pdf

 

     -. Textes du rapport comprenant plus de 180 comptes rendus http://www.state.gov/g/tip/rls/tiprpt/2011/

 

Adeline Silva Pereira

Après avoir effectué la deuxième année du master Sécurité Globale analyste politique trilingue à l'Université de Bordeaux, j'effectue un stage au sein d'EU Logos afin de pouvoir mettre en pratique mes compétences d'analyste concernant l'actualité européenne sur la défense, la sécurité et plus largement la coopération judiciaire et policière.

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