Découvrez vos eurodéputés en charge des droits fondamentaux !

  L’équipe d’EU-Logos s’est penchée sur la composition de la Commission LIBE, annoncée le jeudi 3 juillet 2014, suite aux élections européennes. Du nombre de femmes dans la Commission à la biographie détaillée de chacun des membres, nous dressons un panorama complet de la situation politique de cette Commission, à quelques semaines de sa première réunion (les 22 et 23 juillet prochains). Nous analysons ici l’organisation politique globale de la Commission, puis dans le détail, la carrière politique de vos députés chargés de défendre vos droits fondamentaux.

Analyse politique globale de la Commission LIBE

Après l’élection des députés au sein de la Commission LIBE (l’article 196 du règlement intérieur prévoit que « l’élection des membres [des commissions permanentes] a lieu au cours de la première période de session du Parlement nouvellement élu et de nouveau à l’issue d’une période de deux ans et demi ») et après l’élection de son Président (après la séance constitutive du Parlement, les commissions permanentes élisent leur président et leurs vice-présidents), nous revenons sur l’état des forces au sein de la Commission LIBE.

La Commission compte 60 députés (contre 54 dans la précédente), soit l’une des plus importantes commissions du Parlement. En outre, d’importantes personnalités l’ont choisie, ce qui témoigne de l’intérêt que revêtent les questions des droits fondamentaux au sein de l’UE et de leur actualité. Le 7 juillet, Claude Moraes, membre du Labour Party et du groupe S&D, quitte sa place de coordinateur pour ce groupe afin de devenir président de la Commission. Il sera secondé par quatre vice-présidents : Kinga Gal (PPE), Iliana Iotova (S&D), Jan Philipp Albrecht (Les Verts/ALE) et Barbara Kudrycka (PPE).

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Alors que les femmes constituent seulement 37% des membres du Parlement, la Commission LIBE en compte 57,6% de femmes (34 parlementaires).

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Hausse des eurosceptiques

Sans surprise, le succès des eurosceptiques se concrétise au sein de la Commission LIBE. Les europhobes (non inscrits et membres du Groupe Europe, liberté et démocratie directe) passent ainsi de 58 députés à 100 députés. Désormais, au sein de la Commission LIBE, ils représentent 13,4%, contre 7,4% en 2009. Ce chiffre, non négligeable, va nécessairement avoir un impact sur l’activité de la Commission LIBE. Au sens large, c’est-à-dire en intégrant à ces chiffres le groupe eurosceptique des conservateurs et réformistes européens, le « bloc eurosceptique » constitue aujourd’hui un quart des membres de la Commission, contre 11,1% en 2014, à l’image des résultats des élections.

Baisse de la droite modérée

Le nouveau Parlement a vu une baisse conséquente du nombre d’eurodéputés issus du PPE et de l’ALDE —bien que le PPE soit considéré comme vainqueur des élections. Le PPE ne représente plus que 29,4% du nouveau Parlement, contre 36% en 2009. ALDE baisse de manière plus conséquente, passant de 11,3% à 8,9% des députés. Une progression identique s’opère au sein de LIBE, puisque ce bloc « droite modérée » passe de 50% (13% pour l’ALDE ; 37% pour le PPE) à 38,3% (8,3% pour l’ALDE et 30% pour le PPE).

Léger recul de la gauche

Les socio-démocrates conservant ¼ des sièges du Parlement, ils constituent un groupe de même importance au sein de LIBE. Les Verts, perdant 1 point au Parlement (de 7,7% à 6,9% des députés), représentent un volume similaire à LIBE. Enfin, la Gauche Unitaire passe de 4,5% à 6,7% des sièges au Parlement et à LIBE.

En conclusion, malgré l’augmentation nette des eurosceptiques, la grande coalition PPE/S&D, accompagnée souvent d’ALDE et parfois des Verts conserve une nette majorité, mais les eurosceptiques disposent désormais d’un pouvoir de nuisance.

  Pour en savoir plus : –       Règlement intérieur du Parlement : [FR][EN]. Il définit notamment les compétences de la commission LIBE –       Document d’information du Parlement : [FR]

Biographies de nos principaux députés

Nos équipes ont sélectionné les députés qui nous paraissent les plus importants au sein de la Commission. Toutefois, vous trouverez dans Thema les biographies de l’ensemble des députés de la Commission LIBE, réalisées par nos soins.

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  1.    Les perturbateurs

Jussi HALLA-AHO

Né en 1971, il est membre du Parti d’extrême droite « les Vrais Finlandais » et a rejoint le groupe ECR au Parlement européen. Cet eurodéputé est très critique sur la politique d’immigration et le multiculturalisme de la Finlande. Il a notamment été condamné en 2009 pour incitation à la haine après avoir déclaré que le prophète Mohammed était un pédophile et que la religion musulmane était une religion de pédophiles.

Flavio
 TOSI

Non-inscrit, il est membre du parti italien de la Lega Nord (indépendantistes du Nord, extrême droite). Il est élu pour la première fois en 2014 au Parlement européen, cumulant son mandat avec celui de maire de Vérone. Accusé de propos racistes à l’égard de la communauté Gypsy, il est condamné en 2009 suite à une bataille judiciaire. Ses propos sur l’homosexualité (il a affirmé que « penser que les gays sont malades est une opinion légitime ») ont suscité une polémique.

MàJ du 16/07: Depuis le 9 juillet, Flavio Tosi a renoncé à son poste d’eurodéputé, pour conserver son mandat de maire de Vérone.

Udo VOIGT

Fils d’un ancien officier de la Wehrmacht, Udo Voigt est engagé au sein du parti néo-nazi allemand depuis 1968, dont il a assuré la présidence de 1996 à 2001. Né en 1952, cet homme politique est connu pour ses propos polémiques : en 2004, il a déclaré qu’Hitler était « un grand homme d’Etat ». Il tend à minimiser l’Holocauste. En 2006, il a également déclaré que les footballeurs « qui ne sont pas blancs de peau sont indignes de représenter » l’équipe nationale allemande. Il fait partie des non-inscrits au Parlement.

  1.    Les médiatiques

Rachida DATI

Ancienne Garde des Sceaux (2007-2009) et actuelle maire du 7è arrondissement de Paris, elle a fait son entrée au Parlement en 2009, en tant que membre de l’UMP et du PPE.

Brice HORTEFEUX

Cet homme politique français, membre de l’UMP et du groupe PPE, a exercé une carrière ministérielle variée dans les années 2000 : il fut successivement Ministre délégué aux Collectivités territoriales (2005-2007), Ministre de l’Immigration (2007-2008), Ministre du Travail (2009), et Ministre de l’Intérieur (2009-2011). Condamné pour injure raciale, sa politique à l’égard de la minorité Roms a suscité une polémique.

Eva JOLY

Membre du parti écologiste Europe Ecologie, cette magistrate est devenue réellement connu lorsqu’elle a instruit les affaires Tapie et Elf. Née en 1943, elle fut candidate à l’élection présidentielle de 2012 en France. Elle est eurodéputée depuis 2009 dans le groupe Les Verts/ALE.

Kashetu KYENGE

Née en 1964, membre du Partito Democratico, cette eurodéputée italienne fut Ministre de l’Intégration en Italie, ce qui lui a valu d’être sous le feu de nombreux propos racistes et sexistes. Elle est membre du groupe S&D.

Monica Luisa MACOVEI

Membre du PPE, et du parti roumain Partidul Democrat-Liberal (centre-droit chrétien-démocrate libéral), elle est née en 1959. Juriste et avocate, spécialiste des droits de l’homme (certains la qualifient de « vedette des droits de l’homme en Roumanie »), elle a été ministre de la justice du gouvernement roumain (2004-2007), avec pour principal dossier la lutte contre la corruption.

  1.    Les premiers de la classe

Jan Philipp ALBRECHT

Jeune eurodéputé de 32 ans, il est engagé dans le parti écologiste allemand (Bündniss 90/ Die Grünen) et dans le groupe Les Verts/Alliance libre européenne au Parlement européen. Il est devenu la figure emblématique de l’institution dans le dossier de la protection des données. Il a été rapporteur sur le règlement général sur la protection des données lors de la précédente législature. Il est également très impliqué dans les négociations Etats-Unis/UE.

Tanja FAJON

Née en 1971, cette eurodéputée slovène du parti Socialni democratki s’est illustrée dans la précédente législature en tant que Rapporteuse sur le processus de libéralisation des visas pour les Balkans de l’Ouest. Elle a notamment contribué à l’élimination des visas pour les citoyens albanais en Europe. Elle siège au sein du groupe S&D.

Sylvie GUILLAUME

Spécialisée dans l’immigration, l’espace Schengen, les droits de l’homme, la lutte contre la discrimination touchant les Roms et les minorités sexuelles, cette eurodéputée, membre du Parti Socialiste, née en 1962, fait partie du groupe S&D.

Sophie IN’T VELD

Née en 1963, membre du parti Democraten 66, membre du Comité des régions jusque 2004, depuis elle est membre du groupe ALDE. Elle est très engagée pour le droit LGBTI (Lesbiennes, gayx, bisexuels, transgenres et intersexes) ainsi que pour la laïcité. Enfin, elle est très active sur les questions de surveillance numérique et de protection des données.

Emmanuel BUTTIN & Margot MOLENDA

 

Pour en savoir plus : –        les membres de la Commission LIBE : [FR] et [EN]

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