Le mot du Président

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« En réalité nous sommes tous climatosceptiques ! »

Cette boutade de Clive Hamilton, philosophe et professeur d’éthique, fait réfléchir autant qu’elle inquiète, gravement. L’auteur de « Requiem pour l’espèce humaine » veut simplement nous faire comprendre que nous avons du mal à accepter la réalité dans sa globalité : celle du déni et cela pour ne pas abandonner le principe fondamental qui nous anime tous, celui d’un progrès toujours plus grand et toujours possible.

A la différence du péril nucléaire, le danger climatique est diffus, différé. Or, tous nos modes de vie dans leur extrême diversité sont d’ores et déjà affectés. La revue Nature Climate Change vient il y a quelques semaines d’apporter de nouveaux éléments sur l’inéluctabilité et l’ampleur du désastre.

L’humanité va être confrontée aux impacts dévastateurs combinés d’aléas climatiques multiples qui inter-réagissent. Ce sont 467 formes d’impacts qui ont été répertoriées. Combien de drames devrons-nous croiser pour prendre conscience des dangers, des catastrophes dévastatrices, massives et simultanées ? C’est cette simultanéité qui pour la première fois frappe nos esprits. La COP 24 constituera-elle la bonne occasion pour tenter de reprendre en main notre destin et éviter l’irrémédiable ?

Nature Climate Change ont retenu dix aléas climatiques (réchauffement, inondations, sécheresses, vagues de chaleur, incendies, montées des eaux …) qui touchent six aspects fondamentaux de la vie humaine : la santé, l’alimentation, l’eau, l’économie, les infrastructures, la sécurité, ces thèmes étant déclinés en 89 sous-rubriques. En croisant ces données, on découvre que nous sommes déjà affectés par le changement climatique sous 467 formes, tout cela sur fond de violences accrues et de migrations multipliées. Jusqu’à présent, les conséquences de chaque aléa étaient examinées séparément mais, désormais, les risques sont concomitants et combinés. Ainsi, c’est à plusieurs reprises et à plusieurs dangers qui produiront des centaines d’effets sur la vie humaine que la population sera soumise. La lecture de ces 467 impacts est éloquente. Tous ces résultats sont consignés sur une carte interactive qui permet d’identifier pour n’importe quel endroit du monde les risques cumulés jusqu’à la fin du siècle en fonction de trois scénarios d’émission (réductions fortes, moyennes ou nulles). C’est un travail considérable et inédit qui a été réalisé, un travail qu’il convient de dynamiser en autant d’actions réparatrices et préventives.

L’étude de Nature Climate Change montre que nous sommes entrain de vivre un changement dans le fonctionnement global du système terrestre avec des effets divers et graves sur la vie humaine. Ce sont tous les aspects de la Terre qui sont en cours de transformation. C’est une crise majeure comportant un risque d’effondrement de la société. Pourquoi est-il donc si difficile, si compliqué d’agir contre le changement climatique ? L’une des raisons réside dans le déni de la réalité. Comment le combattre, sinon en favorisant la mobilisation des citoyens ? Or, on constate depuis plusieurs années une mobilisation citoyenne plus forte en faveur du climat comme en témoigne le dernier Eurobaromètre de novembre 2018. La prise de conscience a peut-être atteint un tournant qui sera durable et il faut s’assurer que cet élan ne retombe pas et cela passe évidemment par une information plus forte, plus constante et plus innovante.

Güray Serbest

Citoyen belge basé à Bruxelles, j’ai rejoint EU Logos-Athéna en octobre 2018 en tant que Communication Officer. Auparavant, j’ai effectué un stage chez Transparency International comme EU Policy Analyst. Mon parcours académique inclut un bachelier en commerce extérieur obtenu à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes Commerciales ainsi qu’un bachelier en sciences politiques de l’Université Saint-Louis à Bruxelles. J’ai ensuite complété mes études avec un Master en études européennes à l’Université Catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve. En renforçant mes connaissances en affaires européennes, je me suis spécialisé dans la gouvernance et les sociétés européennes. Je suis francophone et parle aussi couramment l’anglais et le turc. Je possède également des connaissances de base en néerlandais.

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